Selon le journal « The Economic Times » la guerre dans la région du Golfe menace plus de 28 millions de voyages dans la région. La Tunisie pourra-t-elle profiter d’une possible redirection de ces voyages ? Selon le même journal, 60% des annulations de voyage vers les pays du Golfe proviennent de pays européens. Comment la Tunisie pourra bénéficier de cette nouvelle donne ?
Capitaliser sur les acquis :
La Tunisie a réussi à dépasser les niveaux atteints en 2010 dans le secteur touristique. L’année 2025 était historique dépassant les 11 millions de visiteurs et enregistrant des recettes dépassant les 8 milliards de dinars en hausse de 10% par rapport à 2024, dopée par les marchés algérien, libyen, français et polonais.
La tendance semble se stabiliser en 2026. La Tunisie figure dans le top 50 mondial des principales destinations touristiques avec plus de 1 milliards de dinars de recettes au cours des deux premiers mois de l’année.
A l’échelle internationale, et selon les prévisions de l’agence onusienne du tourisme Onutourisme, la croissance attendue du secteur en 2026 variera entre 3% et 4% par rapport à 2025, malgré des risques géopolitiques et économiques. La Tunisie est capable de transformer ces tensions dans les pays du Golfe en une opportunité de développer encore plus le secteur touristique. Mais certains préalables sont nécessaires surtout au niveau de l’offre touristique et du cadre global du secteur.
Transformer la menace en opportunité :
La Tunisie doit ainsi travailler rapidement sur une catégorie de touriste « Premium » qui dépensent 2 à 3 fois plus que les touristes de masse. C’est la classe moyenne supérieure des pays européens qu’il faut cibler, principalement en France, en Allemagne ou en Italie.
Depuis la crise du Covid-19 est apparue une nouvelle catégorie de touristes connue sous le nom « nomades » ou les télétravailleurs, qui peuvent passer des mois dans des hôtels ou maisons d’hôtes cherchant la bonne qualité de vie. Ces touristes dépensent énormément et font des séjours longs. Des villes comme Tabarka, Tozeur ou le Cap Bon peuvent être des sites adaptés à ce genre de tourisme.
La Tunisie est aujourd’hui un des acteurs principaux du tourisme médical dans le bassin méditerranéen. L’effort du ministère du tourisme doit se concentrer sur le développement d’un produit qui joint le séjour touristique au soin et les partenariats entre les cliniques privées et les hôtels de luxe.
Contrairement au Maroc, le tourisme évènementiel manque cruellement en Tunisie. Avec des marathons internationaux, des festivals d’envergure internationale telle que « Mawazin » ou le « Marrakech du Rire », le Maroc s’est bien positionné dans le tourisme évènementiel.
Il est important aussi de travailler sur le tourisme saharien de luxe pour clientèle exigeante des pays du Golfe. Certains hôtels de luxe ont commencé déjà leur implantation dans le Sahara de Tozeur, mais la commercialisation fait défaut.
Outre l’amélioration de l’offre touristique, la Tunisie doit travailler sur une amélioration du cadre général du secteur. C’est ainsi qu’il est important d’améliorer la formation du personnel hôtelier, de l’environnement dans les grandes villes touristiques, de la connectivité du pays avec l’adoption de l’open sky, et le développement du marketing digital de la destination « Tunisie ».
La Tunisie doit passer d’une destination pas chère « cheap destination » à une destination authentique « authentic premium » pour pouvoir capter une partie des touristes qui vont changer de destination cet été. C’est une opportunité qui exige une grande flexibilité. Le ministère du tourisme est-il à l’écoute ?


























