La semaine écoulée était placée sous le signe de l’information économique. En effet, l’agence Tunis Afrique Presse a publié une information économique qui a soulevé une grande polémique sur la scène politique et économique. L’information publiée affirme que la Tunisie a payé jusqu’au mois de Septembre 2025, 125% de ces dettes extérieures. Un chiffre pris dans l’absolu, nous mène à dire que la Tunisie a payé par anticipation ces dettes. Chose qu’elle n’a jamais faite de son histoire. Mais ce que la Tunisie a toujours fait depuis des décennies, c’est qu’elle a honoré toutes les échéances de ces crédits contractés. Cette information est ainsi une non-information, puisque c’est la règle.
Le journaliste de la TAP qui s’est basé sur les chiffres de la Banque Centrale a effectué une lecture erronée de ces chiffres. Sans entrer dans les détails qui ont été relayés par tous les experts économiques durant toute la semaine, et qui ont confirmé la bourde, cet évènement soulève des remarques sur la presse économique et surtout l’information économique.
En effet, face à une information économique publiées par les organes officiels, le journaliste est face à deux positions : soit relayer l’information tel qu’elle a été publiée, soit effectuer la lecture et l’analyse économique nécessaire et faire les commentaires objectifs qui s’imposent.
C’est ainsi qu’un journaliste économique doit premièrement maitriser les notions fondamentales de l’économie tel que l’inflation, le chômage, la dette, la balance commerciale, le budget de l’état, loi des finances, budget économique, la pression fiscale,….Il doit aussi avoir une idée claire sur les politiques économiques et leurs évolutions. Le journaliste doit aussi avoir la capacité à vulgariser toutes les notions économiques pour les faire assimiler par le grand public et le citoyen lambda.
Ces compétences doivent s’accoupler avec les compétences habituelles d’un journaliste, à savoir la recherche de l’information et son croisement avec d’autres informations et ainsi faire les confrontations nécessaires. Il doit aussi adopter un style de rédaction simple et claire, et surtout respecter la déontologie du journaliste à savoir être indépendant et objectif.
Pour exceller dans le journalisme et principalement le journalisme économique, le journaliste doit avoir une capacité d’analyse et de lecture des données et des chiffres et tracer les tendances et l’historique des données. L’apport principal réside aussi dans la capacité à synthétiser et résumer le phénomène économique pour faciliter l’assimilation par les lecteurs.
Un proverbe français disait « la curiosité est un vilain défaut », pour le journaliste économique elle ne l’est pas. C’est même une qualité. Il doit ainsi avoir l’esprit critique face aux décisions de politique économique, et suivre l’actualité nationale et internationale pour effectuer les benchmarks nécessaires.
Avec la digitalisation de l’information, le journaliste économique doit maitriser, même sommairement, la gestion de bases de données, les graphiques et surtout les outils de veille économique qui sont utiles pour le suivi de l’information.
Le journaliste économique n’est pas obligé de tout maîtriser, et c’est pour cette raison qu’il est parfois appelé à interviewer des experts du domaine étudié, des chefs d’entreprises, des personnalités politiques et des cadres de l’administration. Le relationnel dans ce genre d’interventions est très importants.
Toutes ces compétences ne valent rien si le journaliste économique opte pour la manipulation des chiffres et la désinformation économique. Il est ainsi appelé à se positionner à distance égale des hommes politiques et des lobbies économiques.
Nous ne doutons pas de l’honnêteté et l’impartialité de la majeure partie de nos collègues, mais nous appelons à plus de vigilance lors du traitement de l’information économique.
ABOU FARAH





















