La Tunisie commence l’année avec de bonnes performances au niveau des échanges extérieurs.
Selon les chiffes de l’INS, les importations ont baisse de -0.7% au cours des deux premiers de l’année alors que les exportations ont augmenté de 6.2%. Le taux de couverture a atteint 79,5% contre 74,3% durant la même période de l’année 2025.
Les exportations tunisiennes ont surtout étaient portées par les industries mécaniques et électriques de (+14,8%) et le secteur des industries agro-alimentaires de (+6,1%) à la suite de la hausse de nos ventes en huiles d’olives (1252,3 MD contre 1007,6 MD).
Palmarès des produits importés et exportés :
Les 5 premiers produits exportés durant les deux premiers mois de l’année sont comme suit :
| Produit | 2025 (TD) | 2026 (TD) | Évolution |
| Machines et appareils électriques | 2,49 Md | 3,02 Md | +21,1 % |
| Graisses, huiles et cires (dont huile d’olive) | 1,10 Md | 1,32 Md | +20,5 % |
| Vêtements et accessoires (hors bonneterie) | 920,3 M | 948,0 M | +3,0 % |
| Matières plastiques et ouvrages | 413,1 M | 442,4 M | +7,1 % |
| Houilles, pétrole et dérivés | 433,8 M | 432,3 M | -0,3 % |
Les équipements électriques demeurent le premier poste exportateur en Tunisie. La bonne campagne de l’huile d’olives a eu un impact important sur les exportations qui augmentent de plus de 20%. Malgré les perturbations à l’échelle internationale ainsi que la concurrence rude de plusieurs nouveaux acteurs sur le marché, le textile maintient une certaine stabilité.
Du côté des 5 premiers produits importés, on enregistre ce qui suit :
| Produit | 2025 (TND) | 2026 (TND) | Évolution |
| Houilles, pétrole et dérivés | 2,37 Md | 2,38 Md | +0,7 % |
| Machines et appareils électriques | 1,70 Md | 1,82 Md | +7,0 % |
| Autos, cycles et tracteurs | 1,04 Md | 1,14 Md | +9,8 % |
| Chaudières et machines mécaniques | 1,13 Md | 1,01 Md | -11,1 % |
| Matières plastiques et ouvrages | 926,8 M | 766,0 M | -17,3 % |
Les hydrocarbures sont toujours la principale source de notre déficit commercial. Les importations des véhicules ont aussi augmenté considérablement durant les deux premiers mois de l’année. Les mesures incitatives de la loi des finances 2026 concernant les voitures électriques ont encouragé l’importation de ce type de véhicules. Les distributeurs automobiles reçoivent aussi leur commande pour les nouvelles gammes depuis le début de l’année.
L’augmentation de l’importation des équipements électriques est liée aux demandes des constructeurs automobiles eu Europe et dans le monde. Ces importations arrivent toujours sous le régime offshore.
Le recul du déficit va-t-il durer ?
Le recul du déficit commercial au cours des deux premiers mois de l’année ne doit pas être considéré comme une performance de l’économie tunisienne. En effet, c’est expliqué en grande partie grâce à des exportations exceptionnelles d’huile d’olive. Le rythme de ces exportations va chuter au fil des mois.
C’est aussi expliqué grâce à des exportations importations de dattes qui ont totalisé au 6 mars 2026, 99 000 tonnes (+16,8%) pour une valeur de 650,3 millions de dinars (+15,2%).
Le déficit commercial risque de se creuser encore plus au cours du mois de Mars surtout suite aux conséquences de la guerre américano-sioniste sur l’Iran. Le brut frôle les 120 dollars et on peut enregistrer une hausse de plus de 40% de la facture de nos importations.
La guerre a aussi un impact grave sur la croissance mondiale et l’inflation. Ces perturbations vont ralentir la demande mondiale et donc la demande sur les exportations tunisiennes principalement des produits électroniques. La Tunisie subira aussi l’impact de la hausse des prix à l’échelle internationale. Pour certains produits, et même si on maintient le même niveau d’importation, la facture sera plus importante au niveau de la valeur.
Au niveau monétaire, la dépréciation du dinar tunisien, surtout face à l’euro, favorise nos exportations mais rend nos importations encore plus coûteuses.
Pour mémoire la Tunisie a enregistré un déficit commercial record en 2025 s’élevant à 21,8 milliards de dinars, soit une aggravation de 15,17% par rapport à 2024 (18,9 milliards de dinars). La source de ce déficit est principalement le déficit énergétique (-11,1 milliards de DT) et à une hausse des importations (85,5 milliards DT) plus rapide que celle des exportations (63,7 milliards DT).
Le déficit commercial tunisien est devenu structurel, à cause d’une forte dépendance énergétique, et un appareil exportateur limité. La Tunisie est sauvée par des campagnes agricoles exceptionnelles de certains produits tels que l’huile d’olive, les dattes ou les céréales, ce qui est un signe de fragilité énorme. Les prochains jours seront encore plus difficiles pour notre balance commerciale.


























