Selon le document du budget économique pour 2027 la Tunisie prévoit une croissance de 3.1%. Cette prévision est revue à la baisse, puisque le document du plan 2026-2030 prévoit déjà une croissance de 3.8%. Les grandes institutions financières comme la Banque Mondiale, la BERD, le FMI et la Banque Africaine de Développement annoncent des prévisions de croissance variant entre 2.1 et 2.3%. Il semble donc que notre gouvernement est très optimiste pour l’année prochaine. Sur quelle base est construit cet optimisme ?
Miser sur les IME et l’agriculture :
Il est important de mentionner que la détermination du niveau de croissance du PIB est la résultante de plusieurs hypothèses et prévisions que le gouvernement fixe d’avance. Sur la base de cette hypothèse vont aussi découler plusieurs autres projections tel que ceux relatifs à l’emploi, aux recettes fiscales, au PIB par habitant,….
Donc le gouvernement avance plusieurs hypothèses sectorielles et macroéconomiques qui doivent se concrétiser pour atteindre le niveau de 3,1 %.
L’agriculture est l’un des secteurs sur lequel mise le gouvernement en 2027 pour réaliser ces projections. Il prévoit une croissance de 2,9 % contre 4,9 % en 2026. Les hypothèses de production comprennent environ :
- Huile d’olive : 2 millions de tonnes, contre 2,5 millions en 2026.
- Céréales : 18,57 millions de quintaux.
- Dattes : 420 000 tonnes.
La réalisation de ces objectifs est tributaire d’autres aléas tel que les précipitations, la disponibilité de l’eau, la disponibilité des engrais et les conditions climatiques.
Le gouvernement est aussi optimiste car il table une croissance de la valeur ajoutée manufacturière à 1,8 %. Le gouvernement mise principalement sur le plus grand secteur exportateur et qui contribue à raison de 45% des exportations, le secteur des IME. La croissance prévue du secteur est estimée à 3.8% selon le modèle établit par le gouvernement.
Après une année faste pour le secteur minier tunisien avec une production qui devra terminer à 3.4 millions de tonnes de phosphates, la Tunisie table sur rebond du secteur de 13.2% en 2027 avec une production estimée à 4.2 millions de tonnes. Or cette hypothèse suppose la réalisation des investissements nécessaires et la garantie de la continuité de l’extraction.
Le tourisme et l’investissement : les vrais moteurs :
Le gouvernement s’est basé sur le prolongement de la dynamique existante dans le secteur des services et principalement le secteur touristique, les services financiers et l’assurance et les télécommunications.
Le scénario prévu par le gouvernement repose aussi sur une hausse des exportations de 7.9% et surtout une hausse de 8.6% des IME contre une hausse des importations de 6.9%.
Le levier transversal sur lequel repose toute cette hypothèse de croissance est l’investissement.
Selon le gouvernement, le volume total de l’investissement devrait atteindre 32,63 milliards de dinars, contre 28,60 milliards en 2026, soit une hausse nominale d’environ 14,1 %.
Le taux d’investissement passerait de 15,5 % à 16,4 % du PIB. Les projets dans l’énergie, les infrastructures, le transport et les secteurs productifs doivent soutenir les capacités de production et l’activité économique.
Sur un niveau encore plus macro économique, le gouvernement tire son optimisme d’une possible réduction de notre déficit énergétique et mise sur un baril à 80 dollars en 2027 contre un baril à 108 dollars aujourd’hui, une amélioration de la pluviométrie et une meilleure disponibilité d’eau pour l’agriculture et la disponibilité des finances nécessaires pour l’investissement public et privé.
En conclusion, l’optimisme du gouvernement repose sur des reprises sectorielles simultanées, un taux d’investissement encourageant, et une conjoncture climatique et géopolitique favorable. Le gouvernement ne donne aucune idée sur son appréciation de l’évolution de la demande intérieure, la consommation des ménages et la consommation publique, qui sont les principaux moteurs de la croissance encore en marche.




















