L'expert Journal
  • Accueil
  • Actualités
  • Economie
  • International
  • Sport
  • Culture
  • Divers
  • AR
No Result
View All Result
  • Accueil
  • Actualités
  • Economie
  • International
  • Sport
  • Culture
  • Divers
  • AR
No Result
View All Result
L'expert Journal
No Result
View All Result

Saison des olives en Tunisie : pourquoi subventionner les huiles importées sans rendre notre huile d’olive accessible à tous les Tunisiens ?

Lexpert by Lexpert
26 octobre 2026
in Actualités, Economie
0
SHARES
Share on FacebookShare on Twitter
 
 
 
 
 
 
 
 

Par Abdellatif Ben Heddia

Avec le démarrage de la campagne de récolte des olives, la Tunisie est appelée à réfléchir aux moyens de mieux valoriser cette richesse nationale et d’en tirer le meilleur rendement économique et social. La saison oléicole n’est pas seulement un rendez-vous agricole attendu par les producteurs et les exploitants des huileries. Elle constitue une véritable opportunité pour dynamiser l’économie nationale, soutenir les agriculteurs, améliorer le pouvoir d’achat des citoyens et réduire la pression sur les réserves en devises.

Mais une question mérite d’être posée clairement : comment la Tunisie, l’un des pays producteurs et exportateurs d’huile d’olive, peut-elle mieux faire profiter ses propres citoyens de cette richesse ?

Un paradoxe économique qui mérite réflexion

Les estimations de la production tunisienne d’huile d’olive pour la campagne 2025-2026 évoquent un volume pouvant atteindre environ 500 000 tonnes. Ce chiffre doit toutefois être considéré comme une estimation de campagne, et non comme un bilan définitif, tant qu’une évaluation officielle consolidée n’a pas été publiée.

En face, la consommation intérieure reste relativement faible, de l’ordre de quelques dizaines de milliers de tonnes par an, selon les estimations disponibles. Il convient néanmoins de disposer de données officielles portant sur la même période pour mesurer précisément l’écart entre la production et la consommation nationale.

Parallèlement, la Tunisie consomme d’importantes quantités d’huiles végétales subventionnées, dont l’approvisionnement dépend largement des importations de matières premières. Ces importations représentent une charge pour les finances publiques et mobilisent des devises, notamment à travers le mécanisme de compensation destiné à maintenir des prix accessibles aux consommateurs.

Nous nous trouvons donc face à un paradoxe : nous soutenons la consommation d’une huile dont l’approvisionnement dépend de l’étranger, alors que nous disposons d’une huile d’olive nationale de grande qualité, dont la consommation demeure limitée au sein même de notre population.

Ne serait-il pas temps de réfléchir à une politique permettant de rendre l’huile d’olive tunisienne plus accessible et de substituer, dans des proportions raisonnables, une partie des huiles végétales importées par notre propre production ?

Pourquoi ne pas réorienter une partie des subventions vers l’huile d’olive ?

L’idée n’est pas de supprimer brutalement les subventions accordées aux huiles végétales ni de priver les ménages modestes d’un produit alimentaire essentiel. Il s’agit plutôt de repenser progressivement notre politique de soutien à la consommation, en lui donnant une dimension davantage orientée vers la production nationale.

L’État pourrait ainsi mettre en place un programme destiné à proposer de l’huile d’olive tunisienne à un prix abordable, en s’appuyant notamment sur les structures publiques compétentes, dont l’Office national de l’huile.

Ce programme pourrait cibler prioritairement les ménages à revenus modestes et moyens, au moyen de circuits de distribution transparents et d’un mécanisme de prix étudié. Une subvention directe ou une compensation partielle pourrait permettre de réduire l’écart entre le prix de l’huile d’olive et celui de l’huile végétale subventionnée.

L’objectif n’est pas d’imposer un changement des habitudes alimentaires, mais de donner aux consommateurs la possibilité de choisir davantage un produit national, de qualité, à un prix compatible avec leur pouvoir d’achat.

Des bénéfices pour le citoyen, l’agriculteur et l’État

Une telle orientation pourrait produire plusieurs effets positifs.

Premièrement, améliorer le pouvoir d’achat. En devenant plus accessible, l’huile d’olive pourrait occuper une place plus importante dans la consommation quotidienne des familles, au lieu de rester, pour une partie de la population, un produit relativement coûteux.

Deuxièmement, réduire la facture des importations. Chaque quantité d’huile végétale importée pouvant être remplacée, dans des conditions économiquement pertinentes, par de l’huile d’olive tunisienne représenterait une possibilité de limiter les achats à l’étranger et de préserver les devises. Les économies réelles devraient toutefois être calculées en tenant compte du coût d’achat de l’huile locale, de son stockage, de son conditionnement et de sa distribution.

Troisièmement, soutenir les producteurs. L’élargissement du marché intérieur offrirait aux oléiculteurs des débouchés supplémentaires et contribuerait à réduire leur dépendance aux fluctuations des marchés internationaux, particulièrement lors des campagnes abondantes.

Quatrièmement, créer davantage de valeur en Tunisie. Le développement du conditionnement, de la distribution et de la commercialisation locale permettrait de créer des emplois et de renforcer les retombées économiques de cette filière stratégique.

Passer d’une politique de compensation à une politique économique intelligente

Pour réussir, cette orientation doit s’appuyer sur des mesures concrètes.

Il faudrait d’abord définir un programme annuel précisant les volumes d’huile d’olive destinés au marché intérieur, les prix proposés et les catégories de bénéficiaires.

Ensuite, une étude comparative devrait déterminer le coût réel du système actuel de compensation des huiles végétales et celui d’un dispositif permettant de rendre l’huile d’olive tunisienne plus accessible.

Il serait également nécessaire d’encourager le conditionnement local de l’huile d’olive, plutôt que de se limiter à l’exportation de volumes importants sous forme de vrac. La commercialisation de produits conditionnés permettrait de capter une part plus élevée de la valeur ajoutée.

Enfin, l’amélioration des capacités de stockage et des mécanismes de financement aiderait les producteurs à mieux gérer leur trésorerie et à éviter les ventes précipitées lorsque les prix sont défavorables.

Une attention particulière devrait être accordée à la transparence des circuits de distribution et au contrôle des marges, afin que les avantages de cette politique profitent réellement aux consommateurs et aux producteurs, et ne se concentrent pas entre les mains des intermédiaires.

Exporter davantage, sans négliger le consommateur tunisien

Certains pourraient objecter que l’huile d’olive constitue une source importante de devises et qu’une augmentation de la consommation locale réduirait les quantités disponibles pour l’exportation.

Mais il ne s’agit pas de choisir entre le marché intérieur et les marchés étrangers. Il s’agit de trouver un équilibre pertinent entre les deux.

La Tunisie doit continuer à développer ses exportations, notamment en favorisant les produits conditionnés à plus forte valeur ajoutée. En parallèle, elle doit garantir une offre suffisante sur le marché national à des prix raisonnables.

La diversification des débouchés, l’amélioration du stockage, le développement du conditionnement et la stimulation de la consommation intérieure peuvent renforcer la résilience de toute la filière.

Le consommateur ne doit pas être le seul à supporter les conséquences de prix élevés. De même, le producteur ne doit pas être seul à subir les risques liés à une récolte abondante. La politique publique doit précisément contribuer à mieux répartir les bénéfices et les risques.

La saison des olives, une occasion de repenser nos choix

La campagne oléicole actuelle nous offre une occasion de revoir notre manière de valoriser les richesses agricoles du pays.

Lorsque la production nationale peut atteindre plusieurs centaines de milliers de tonnes, alors que la consommation intérieure se chiffre en dizaines de milliers de tonnes, il est légitime de s’interroger sur les raisons de cet écart et sur les moyens de mieux transformer cette abondance en bénéfice direct pour les citoyens.

Soutenir l’huile d’olive tunisienne ne doit pas être considéré uniquement comme une mesure sociale. C’est aussi une option économique stratégique, à condition qu’elle repose sur une évaluation rigoureuse des coûts, une gestion efficace des stocks, une distribution transparente et une réelle protection du pouvoir d’achat.

Pourquoi ne pas consacrer une partie des ressources mobilisées pour soutenir les huiles végétales importées à la valorisation de notre huile d’olive, au soutien de nos agriculteurs et à la mise à disposition des Tunisiens d’un produit national de qualité à un prix abordable ?

Cette démarche pourrait être bénéfique au consommateur, au producteur et à l’économie nationale. Elle permettrait de faire de la saison des olives autre chose qu’une période de récolte et d’exportation : une véritable opportunité pour renforcer notre sécurité alimentaire et notre souveraineté économique.

Car la richesse d’un pays ne se mesure pas uniquement à ce qu’il produit et exporte, mais aussi à sa capacité à faire profiter ses propres citoyens des fruits de cette richesse.

 
 
 
 
 
 
 
 
Previous Post

CREVETTES EN TUNISIE : TUNSEA DÉMENT LES RUMEURS ET RASSURE LES CONSOMMATEURS !

Next Post

Pourquoi le gouvernement est optimiste pour 2027 ?

Related Posts

Actualités

Bourse de Tunis : les banques sous pression, 29 valeurs dans le rouge !

by Lexpert
26 octobre 2026
Actualités

la Bourse saoudienne dans la tourmente

by Lexpert
26 octobre 2026
Actualités

Kébili : un partenariat entre l’ETAP et Mazarine Energy au service de la culture et de la jeunesse

by Lexpert
26 octobre 2026
Actualités

Inflation en Tunisie : vers un nouveau palier ?

by Lexpert
26 octobre 2026
Actualités

MAGHREB | ÉCONOMIE COMPARÉE.. Algérie 2026, Tunisie 1972 : le virage Nouira de l’autre côté de la frontière

by Lexpert
26 octobre 2026
Next Post

Pourquoi le gouvernement est optimiste pour 2027 ?

 
 
 

Suivez Nous!

A la Une!

Actualités

Bourse de Tunis : les banques sous pression, 29 valeurs dans le rouge !

by Lexpert
26 octobre 2026
0

...

Read more

la Bourse saoudienne dans la tourmente

26 octobre 2026

Kébili : un partenariat entre l’ETAP et Mazarine Energy au service de la culture et de la jeunesse

26 octobre 2026

L'expert Journal

Pages

  • Accueil
  • Actualités
  • Economie
  • International
  • Sport
  • Culture
  • Divers
  • AR

Bourse de Tunis : les banques sous pression, 29 valeurs dans le rouge !

by Lexpert
26 octobre 2026
0

...

la Bourse saoudienne dans la tourmente

by Lexpert
26 octobre 2026
0

...

Kébili : un partenariat entre l’ETAP et Mazarine Energy au service de la culture et de la jeunesse

by Lexpert
26 octobre 2026
0

...

2025 © Tous les droits sont réservés. Conçu et développé par : INFOPUB

No Result
View All Result
  • Accueil
  • Actualités
  • Economie
  • International
  • Sport
  • Culture
  • Divers
  • AR

2025 © Tous les droits sont réservés. Conçu et développé par : INFOPUB