Alors que la période des soldes est l’évènement économique et de consommation le plus attendu dans plusieurs pays, chez nous c’est devenu un non évènement. Plusieurs tunisiens ne se préparent pas aux périodes des soldes, été comme hiver, et ne réservent même pas un budget.
Dans d’autres pays comme la France, les commerçants arrivent à réaliser plus de 40% de leur chiffre d’affaires annuel durant les périodes de soldes. En Tunisie, les commerçants tunisiens sont démotivés pour s’inscrire dans les périodes des soldes vu qu’il ne s’attendaient plus à une croissance conséquente de leurs chiffres d’affaires.
Les raisons de cette situation sont multiples :
D’abord, la baisse du pouvoir d’achat des tunisiens au cours des dernières années a changé leurs priorités. L’alimentaire prend beaucoup de place dans le budget des ménages aux dépens d’autres dépenses tel que l’habillement ou les produits cosmétiques.
Sur le plan législatif, la loi actuelle qui gère les soldes à savoir la loi 40 de 1998 est très rigides et n’encourage pas les commerçants à s’inscrire. D’ailleurs leurs nombres est en baisse d’une année à autre et la grande majorité ne s’inscrit qu’après quelques jours de la période des soldes. Il fallait présenter tout un dossier à la direction régionale du ministère du commerce avec la liste des articles à solder en mentionnant leur prix initial et les prix en période de solde. La baisse ne doit pas être inférieure à 20%. Les prix des articles ne doivent pas changer durant un mois avant la période des soldes.
Les consommateurs tunisiens ont une mauvaise image des soldes en Tunisie. Ils considèrent que les soldes en Tunisie sont plutôt un vide grenier pour les commerçants que de véritables bonnes affaires. Les produits soldés sont de mauvaise qualités ou démodées. Les tunisiens dénoncent à plusieurs reprises les pratiques de certains commerçants qui augmentent les prix de certains articles avant le début des soldes pour les solder après à des niveaux qui dépassent parfois leur prix initial. Ces pratiques interdites par la loi, sont généralement réprimandés par les agents de contrôle économique.
Malheureusement les soldes en Tunisie concernent à 90% l’habillement, alors qu’il existe beaucoup d’autres articles qui peuvent être intégrés tel que les articles d’optique, les produits cosmétiques, les articles ménagers, les loisirs,….Une situation qui augmente le désintérêt des consommateurs.
De leurs côtés les commerçants ne font aucun effort pour faire la promotion de la période des soldes à travers l’organisation d’évènements ou de show dans les zones commerçantes afin d’attirer les clients. Ils n’investissent même pas dans la publicité à travers les réseaux sociaux afin de faire connaitre leurs offres.
Cette période des soldes durera 6 semaines. Certainement et comme d’habitude, le ministère du commerce va l’allonger d’encore deux semaines. Ce sera une occasion pour les tunisiens d’acheter les vêtements de leurs enfants pour la rentrée scolaire, et peut-être dénicher quelques bonnes affaires.
Un appel a été lancé par le président de la chambre syndicale des commerçants d’habillement relevant de l’UTICA, au ministère du commerce afin d’amender la réglementation actuelle organisant les soldes. Plusieurs projets sont dans les tiroirs des cadres du ministère du commerce qui attendent d’être dépoussiérés.
Abdellatif Ben Heddia





















