Selon l’indice des prix à la consommation pour le mois de Juillet 2026, les prix des viandes ont augmenté de 14.6%. Pour la viande ovine la hausse est de 16,7% et la viande bovine de 13,7%. Ce sont les éléments qui ont tiré à la hausse les prix des produits alimentaires.
Les prix pratiqués actuellement se sont installés à la hausse. Un kilo de viande ovine varie entre 45 et 60 dinars selon la qualité et la région ; alors que la viande bovine (habra) varie entre 48 et 56 dinars.
Le secteur des viandes rouges est dans une conjoncture très tendue qui a affecté même le niveau de consommation des tunisiens. En effet, un tunisien consomme actuellement mois de 7 kg par an, l’un des niveaux les plus bas du monde.
Le cheptel tunisien d’ovins ou de bovins a chuté de plus de 45% en l’absence d’initiatives ou de projets de reconstitution du cheptel. Les mesures prévues par le gouvernement au niveau de la loi des finances 2025 pour l’encouragement de l’élevage bovin pendant une période de 3 ans n’ont pas apporté de résultats vu que le décret d’application a été publié après un an de l’entrée en vigueur de la loi.
Les quantités de bovins importées pour l’engraissement trouvent des difficultés à être écoulés auprès des éleveurs. En effet, il existe une réticence à acheter pour l’élevage vu les coûts exorbitants de l’alimentation animale.
L’importation de viande ovine ou bovine réfrigérée, et qui est un monopole de fait pour la société Ellouhoum, relevant du ministère du commerce, est arrêtée depuis le mois d’Octobre 2025 et la fameuse cargaison suspecte de viande bovine importée de Pologne. La société Ellouhoum jouait un rôle régulateur important afin de rationaliser les prix et approvisioner le marché local même avec de petites quantités.
L’importation de viande bovine congelée continue de fonctionner normalement. Actuellement le rythme est à flux tendu puisque toutes les quantités sont destinées vers les hôtels ou les restaurants touristiques. La Tunisie importe habituellement plus de 1500 tonnes/an.
Tous ces éléments ont contribué à faire durer la crise des viandes rouges en Tunisie et à mettre le marché sous-tension.
La solution urgente à mettre en œuvre est de libérer l’importation de la viande réfrigérée, ovine ou bovine, pour le secteur privé afin d’assurer un approvisionnement régulier du marché et à faire baisser les prix. Cette solution est nécessaire au moment où la société Ellouhoum est incapable de jouer son rôle régulateur.
Sur le long terme, la réflexion stratégique pour la reconstitution du cheptel doit couvrir tous les maillons de la chaine de valeur. En partant de l’organisation des petits éleveurs en coopérative, à l’organisation et le contrôle des marchés aux bestiaux, jusqu’à la mise à niveau des abattoirs.
Un grand travail doit être fait en amont à travers l’amélioration génétique des races tunisiennes et importées.
Abdellatif Ben Heddia





















