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Les médecins traitent-ils différemment les patients les plus démunis ? Enquête

Lexpert Editeur Lexpert
25 mars 2026
in Actualités
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Le site d’actualité, « The conversation », vient de publier les résultats d’une enquête terrain très inédite en Tunisie.
Le site, à l’aide de clients mystères, a voulu tester si les médecins tunisiens traitent différemment les patients les plus démunis. Les résultats de l’enquête se basent sur les travaux de doctorat d’une consultante en économie de la santé auprès de la Direction de la santé de l’OCDE.
Pour vous rassurer, les résultats sont plutôt réconfortants sur la qualité de nos médecins et notre système de santé. Mais un bémol persiste.

Un traitement, quelque soit le profil social :
Selon le site d’actualité, les personnes à faibles revenus et moins instruites tombent plus souvent malades, ont un accès plus limité aux soins et vivent moins longtemps. C’est l’une des conclusions les plus constantes des recherches en santé menées à travers le monde. Mais les médecins eux-mêmes contribuent-ils à amplifier ces inégalités ? Partant de ce constat, la question principale de cette enquête était de savoir si les médecins traitent différemment les patients issus de milieux socio-économiques différents lors d’une consultation.
L’expérience consistait à envoyer des patients standardisés (des agents de terrain formés pour se faire passer pour des patients infiltrés) présentant des symptômes identiques à des médecins de soins primaires publics et privés.
Une modification a été apportée à l’attitude et l’apparence des patients afin qu’ils paraissent « pauvres » ou « de classe moyenne ». Les profils des patients ont été élaborés à partir d’une étude qualitative préalable afin de refléter la perception courante des médecins concernant les différences socio-économiques. Le problème médical étant identique à chaque consultation, toute différence de comportement des médecins pouvait être attribuée à leur perception du milieu socio-économique du patient.
L’enquête menée a prouvé qu’il n’y a aucune preuve que les médecins aient pris en charge les patients différemment. Les décisions en matière de diagnostic et de traitement étaient similaires quel que soit le profil social. Cependant, les recherches ont révélé une forme d’inégalité plus subtile : bien que les patients les plus pauvres aient reçu des soins médicaux similaires à ceux des patients plus aisés, ils étaient moins susceptibles de se faire expliquer leur maladie et recevoir des explications sur le traitement proposé
La conclusion de l’enquête était : en communiquant moins efficacement avec les patients les plus pauvres, les médecins pourraient indirectement contribuer aux inégalités en matière de santé.

Les inégalités en matière de santé ne s’arrêtent pas aux portes de la clinique.
Des recherches menées dans des pays à revenu élevé ont montré que le jugement des médecins peut parfois être influencé (souvent inconsciemment) par le milieu social du patient. Cela influe sur le temps que les médecins consacrent à expliquer un diagnostic, sur la gravité avec laquelle ils prennent en compte les inquiétudes du patient et sur la clarté avec laquelle ils communiquent les prochaines étapes.
Pour explorer cette question, une expérience de terrain a été menée par l’équipe de recherche, auprès de 130 médecins généralistes en Tunisie. Deux patients standardisés ont consulté chaque médecin. Tous ont suivi le même protocole soigneusement élaboré et présentaient le même problème médical : des symptômes de bronchite aiguë, une affection courante qui ne nécessite généralement pas d’antibiotiques.
La seule différence résidait dans la manière dont les acteurs, incarnant les patients, se présentaient socialement.
Certains patients paraissaient plus pauvres, s’exprimant avec hésitation et portant des vêtements bon marché. D’autres semblaient appartenir à la classe moyenne, communiquant avec plus d’assurance et vêtus de façon plus élégante.
Les résultats étaient mitigés et révélateurs.
Premièrement, rien n’indiquait que les médecins dispensaient des soins de moindre qualité aux patients les plus démunis. Les diagnostics et les décisions thérapeutiques étaient similaires quel que soit le profil social. Ce constat est rassurant et laisse penser que les médecins ne dispensaient pas délibérément des soins inférieurs aux patients qu’ils percevaient comme plus pauvres.
Cependant, la qualité globale des soins était faible pour tous. Seul un patient sur trois environ a été pris en charge conformément aux bonnes pratiques. Plus de 90 % ont reçu des traitements inutiles, le plus souvent des antibiotiques ou des corticoïdes.
Deuxièmement, les patients les plus démunis étaient moins susceptibles de devoir payer leurs médicaments. Les médecins leur offraient souvent des échantillons gratuits, généralement fournis par les laboratoires pharmaceutiques. Bien que cela puisse paraître généreux, la plupart de ces médicaments étaient inutiles. Des médicaments gratuits n’améliorent pas la santé s’ils n’auraient pas dû être prescrits.
L’inégalité cachée : la communication
Les patients les plus démunis étaient moins susceptibles de recevoir une explication claire de leur pathologie. On leur donnait moins d’informations sur les raisons de la prescription d’un médicament. Ils étaient moins susceptibles d’être conseillés sur la conduite à tenir en cas d’aggravation des symptômes ou sur la date de leur prochaine consultation de suivi. Ces lacunes étaient plus marquées dans les cliniques privées. Il se peut que les médecins y adaptent leur communication aux patients disposant de moyens financiers plus importants et qui sont plus enclins à revenir.
Seules des recherches rigoureuses permettent de mettre en évidence ces inégalités de communication. Cette forme d’inégalité est « cachée » car moins visible que les différences de diagnostic ou de traitement : elle figure rarement dans les dossiers médicaux, lorsqu’ils existent, et a été beaucoup moins documentée que d’autres inégalités dans le système de santé.
Une bonne communication n’est pas une simple courtoisie ; elle est essentielle aux soins. Comprendre sa maladie permet aux patients de suivre leur traitement, d’éviter les inquiétudes inutiles et de savoir quand consulter. En l’absence d’explications, les patients sont livrés à eux-mêmes, risquent de mal comprendre ou retardent leurs soins.
Avec le temps, ces petites différences peuvent s’accumuler. Les patients qui repartent systématiquement de leurs consultations avec moins d’informations peuvent avoir des difficultés à gérer leur santé, même si la décision médicale initiale était la bonne.
Pourquoi ces résultats sont importants
Les rédacteurs de cette enquête, ne confirment pas que les médecins tunisiens discriminent intentionnellement les patients les plus démunis dans leurs décisions cliniques. Toutefois, les différences dans la qualité de la communication et des conseils prodigués peuvent renforcer les inégalités.
Une ordonnance sans explication n’est pas la même chose que des soins qui permettent aux patients de comprendre et de gérer leur maladie.
Cette étude pose la nécessité de renforcer la capacité des médecins à expliquer, à écouter et à s’adapter aux patients issus de milieux sociaux différents afin de réduire les inégalités invisibles. Encourager des explications plus claires, un meilleur accompagnement du suivi et une plus grande sensibilisation aux biais inconscients représentent des changements relativement peu coûteux et potentiellement très bénéfiques. La continuité des soins, avec des consultations régulières chez le même médecin, pourrait également limiter le recours aux jugements sociaux hâtifs dans la prise de décision clinique.

abou farah

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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