Le secteur de l’industrie automobile et de ses composants en Tunisie a enregistré une évolution notable en 2025, avec plus de 280 entreprises actives, illustrant clairement le dynamisme du secteur et le renforcement de l’attractivité du pays en tant que destination privilégiée pour l’investissement industriel.
Ce secteur stratégique poursuit sa trajectoire ascendante, confirmant le rôle de la Tunisie comme pôle industriel majeur en Afrique du Nord et dans l’espace euro-méditerranéen, grâce à ses performances croissantes et à sa capacité d’intégration dans les chaînes de valeur mondiales.
Actuellement, le secteur de l’industrie automobile emploie plus de 120 000 travailleurs et génère des exportations estimées à environ 3,9 milliards d’euros, soutenues par un taux de croissance annuel moyen de 16 % depuis 2018. L’Allemagne constitue la première destination des exportations tunisiennes dans ce domaine avec une part de 37 %, suivie par la France (21 %), la Roumanie (12 %) et l’Italie (11 %).
Ces données ont été présentées lors d’un atelier consacré au secteur, organisé par le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, en partenariat avec l’Association tunisienne des fabricants de composants automobiles (TAA), avec le soutien de l’Agence allemande de coopération.
Depuis le début des années 2000, le nombre d’acteurs du secteur a plus que doublé, porté par une croissance durable, la disponibilité de compétences humaines hautement qualifiées, ainsi qu’un développement significatif dans les domaines de l’innovation et de la technologie. Cette dynamique a contribué à l’émergence d’un écosystème industriel intégré couvrant l’ensemble des activités de l’industrie automobile, allant des faisceaux électriques et de la mécanique aux composants plastiques et électroniques, en passant par l’ingénierie logicielle et les pièces de rechange.
La Tunisie tire une grande partie de sa compétitivité de la qualité de son capital humain, caractérisé par un taux élevé de diplômés dans les spécialités scientifiques et techniques, ainsi que par des coûts de salaires, d’énergie et de charges sociales parmi les plus compétitifs de la région. À cela s’ajoutent les avantages liés à la position géographique stratégique du pays, à proximité des principaux ports européens, ainsi qu’à un réseau d’accords commerciaux couvrant près de 100 pays.
Par ailleurs, le secteur connaît une orientation marquée vers les industries du futur, notamment dans les domaines des systèmes embarqués, des logiciels automobiles, des composants électroniques et des solutions de mobilité électrique. Cette dynamique est soutenue par un réseau de structures spécialisées, dont le Centre de Ressources Technologiques (CRT), le Centre de Recherche en Microélectronique et Nanotechnologies (CRMN), ainsi que le Centre Technique du Caoutchouc et du Plastique (CTC).
Dans le cadre du renforcement de l’attractivité industrielle, plusieurs projets structurants sont en cours, parmi lesquels le lancement de la première zone industrielle intelligente dédiée au secteur automobile, baptisée « Automotive Smart City ». S’étendant sur une superficie de 200 hectares, elle abritera des unités industrielles avancées, des laboratoires de recherche et développement, des centres de formation, ainsi que des espaces dédiés aux technologies de pointe.
Ce projet devrait permettre la création de jusqu’à 150 000 emplois à moyen et long terme. Enfin, la signature du Pacte de compétitivité de l’industrie automobile en 2022 constitue une étape supplémentaire dans le renforcement du partenariat entre les secteurs public et privé et dans le soutien à la croissance durable de ce secteur stratégique.





















