La fracture financière reste particulièrement visible dans plusieurs régions de l’intérieur et du Sud tunisien. Dans sept gouvernorats — Kairouan, Gabès, Médenine, Tataouine, Gafsa, Tozeur et Kébili — le réseau bancaire ne représente que 12 % du réseau national, tandis que le taux de bancarisation des femmes dans ces régions ne dépasse pas 18 %.
Ces chiffres ressortent d’une étude consacrée à l’inclusion financière des femmes et des jeunes en Tunisie, réalisée par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et l’Observatoire de l’inclusion financière (OIF) dans le cadre du projet « Green Economy: Women’s Economic Empowerment in Tunisia » (GEWEET), financé par le gouvernement du Canada.
Une fracture territoriale qui persiste
Selon l’étude, l’accès aux services financiers formels constitue en Tunisie un enjeu important de justice territoriale et de développement humain durable.
Dans les sept gouvernorats ciblés, l’insuffisance de la présence bancaire contraint une partie de la population à se tourner vers des mécanismes de financement informels.
Épargne à domicile, circuits communautaires de solidarité et recours aux réseaux de proximité demeurent ainsi des pratiques utilisées par des habitants qui s’appuient notamment sur la confiance et les liens sociaux locaux.
Femmes et jeunes au cœur du défi
La situation apparaît particulièrement préoccupante pour les femmes, dont le taux de bancarisation reste limité dans les régions concernées.
Le PNUD et l’OIF soulignent ainsi la nécessité de faire évoluer les services financiers afin de les rendre plus simples, plus transparents et davantage adaptés aux revenus modestes, notamment pour les femmes et les jeunes.
L’enjeu dépasse donc la simple ouverture d’un compte bancaire : il s’agit également de permettre aux populations de mieux comprendre les produits financiers et d’y accéder avec moins de contraintes.
Moins de procédures, plus de proximité
Pour rapprocher la finance formelle des populations, les deux institutions mettent notamment l’accent sur plusieurs leviers : simplification du langage bancaire, allègement des procédures et développement d’une éducation financière claire et accessible.
L’objectif est de réduire les obstacles qui peuvent décourager les populations éloignées des circuits financiers traditionnels et de faciliter leur accès aux différents services disponibles.
Une caravane financière dès octobre 2026
Pour passer de l’étude à l’action, le PNUD et l’OIF prévoient de lancer, à partir d’octobre 2026, une caravane itinérante qui parcourra les sept gouvernorats concernés.
Cette initiative ira directement à la rencontre des femmes et des jeunes, avec un accompagnement personnalisé destiné à mieux les orienter vers les solutions financières adaptées à leurs besoins.
Particularité du dispositif : banques, institutions de microfinance, compagnies d’assurance et services financiers digitaux seront réunis au même endroit afin de rapprocher l’offre financière des populations.
La finance doit aussi gagner le terrain
Avec seulement 12 % du réseau bancaire national concentré dans ces sept gouvernorats et une bancarisation féminine ne dépassant pas 18 %, l’étude met en lumière une importante dimension territoriale de l’inclusion financière.
La caravane prévue à partir d’octobre constitue ainsi une tentative de rapprocher directement les institutions, les services et l’information financière des populations qui en sont les plus éloignées.
L’enjeu est désormais de transformer la proximité financière en véritable accès aux opportunités économiques, particulièrement pour les femmes et les jeunes des régions de l’intérieur et du Sud.




















