La production nationale d’électricité poursuit sa progression en Tunisie. À fin juin 2026, elle a augmenté de 5% pour atteindre 9 550 GWh, contre 9 058 GWh une année auparavant, selon le rapport de conjoncture énergétique publié par l’Observatoire National de l’Énergie et des Mines.
Mais derrière cette hausse se cache un véritable défi : la demande progresse elle aussi fortement. La pointe de consommation a augmenté de 5%, passant de 4 531 MW à fin juin 2025 à 4 750 MW à fin juin 2026.
La STEG toujours ultra-dominante
La STEG conserve une position écrasante dans la production nationale, avec 91% de l’électricité produite à fin juin 2026.
Les énergies renouvelables représentent, quant à elles, 9,2% de la production électrique, tandis que les achats d’électricité, principalement auprès de l’Algérie, ont couvert environ 10% des besoins du marché local.
Une situation qui souligne la nécessité pour la Tunisie d’accélérer encore le développement de ses propres capacités de production, notamment renouvelables.
Le solaire gagne du terrain
La transition énergétique commence toutefois à changer progressivement le paysage électrique tunisien. À fin juin 2026, environ 500 MW de toitures photovoltaïques avaient été installés dans le secteur résidentiel.
À cela s’ajoutent près de 130 MW de capacités photovoltaïques raccordées en moyenne et haute tension dans les secteurs industriel, tertiaire et agricole.
Les industriels restent les premiers consommateurs
Les ventes d’électricité ont progressé légèrement de 1% entre juin 2025 et juin 2026. Mais les évolutions varient fortement selon les catégories de consommateurs.
Les clients haute tension ont enregistré une baisse de 5%, tandis que ceux de moyenne tension affichent une légère progression de 1%.
Les industriels demeurent de loin les plus gros consommateurs, avec 59% de la demande des clients haute et moyenne tension.
Dans le détail, la consommation électrique a reculé dans l’industrie chimique et pétrolière (-5%) ainsi que dans les matériaux de construction (-2%). À l’inverse, elle a progressé dans l’industrie du papier et de l’édition (+8%) et dans le pompage agricole (+6%).
Une équation énergétique de plus en plus délicate
La Tunisie produit donc davantage d’électricité, mais la consommation progresse presque au même rythme, tandis que le recours aux importations reste nécessaire pour couvrir une partie des besoins.
Avec une pointe désormais proche de 4 750 MW, la pression sur le système électrique s’intensifie. Le véritable enjeu pour la Tunisie sera désormais de transformer la croissance de la production en une plus grande autonomie énergétique, en accélérant notamment les investissements dans les énergies renouvelables et les infrastructures électriques.
Plus de production, plus de demande, mais encore une dépendance aux importations : le système électrique tunisien entre dans une nouvelle phase où chaque mégawatt compte.




















