Face à l’accélération des crises mondiales et à l’enchevêtrement de leurs conséquences, le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, Fethi Zouhair Nouri, appelle à une nouvelle étape de la coopération financière et monétaire arabe.
Lors de la 50e réunion annuelle du Conseil des gouverneurs des banques centrales et des institutions monétaires arabes, tenue le 29 septembre 2026 à Abou Dhabi, le gouverneur de la BCT a plaidé pour la mise en place de mécanismes arabes communs capables de protéger les économies contre les chocs, de partager les risques et d’accélérer la réponse collective.
Les crises ne frappent plus séparément
Dans son allocution, citée dans un communiqué de la BCT, Fethi Nouri a rappelé que près d’un demi-siècle d’action arabe commune a permis de construire des acquis constituant aujourd’hui un socle important.
Mais, selon lui, l’évolution de l’environnement international impose désormais de nouveaux instruments de protection et d’anticipation.
Les chocs géopolitiques, énergétiques, alimentaires, financiers, climatiques et cybernétiques ne surviennent plus isolément. Ils ont tendance à se cumuler et à se transmettre rapidement d’un secteur à l’autre et d’une économie à l’autre.
Cette nouvelle configuration rend, selon le gouverneur, nécessaire une coopération plus étroite entre les institutions monétaires arabes.
Transformer les disparités en force collective
Fethi Nouri a également mis en évidence les différences importantes entre les capacités financières des pays arabes.
Certains disposent d’importants excédents, réserves et actifs, tandis que d’autres font face à des pressions sur leurs ressources et leurs équilibres financiers.
Ces disparités constituent certes un défi, mais peuvent également représenter une opportunité de renforcer la résilience collective, estime le gouverneur de la BCT.
L’objectif serait de transformer ces différences en mécanismes communs de protection, conçus et convenus avant l’apparition des crises, plutôt que d’attendre leur déclenchement pour agir.
Anticiper plutôt que subir
Le message porté par Fethi Nouri repose ainsi sur un principe central : la préparation doit précéder la crise.
La coopération financière arabe devrait évoluer afin de permettre aux pays de mieux anticiper les risques, de mobiliser plus rapidement les ressources disponibles et de répartir les conséquences des chocs lorsqu’ils surviennent.
Cette approche vise notamment à renforcer la capacité des économies arabes à préserver leurs équilibres fondamentaux dans un environnement international marqué par une succession de crises et une forte incertitude.
La BCT pousse pour une nouvelle étape de la coopération arabe
À Abou Dhabi, la Tunisie défend ainsi une vision fondée sur une coopération financière et monétaire arabe davantage orientée vers l’anticipation, la solidarité financière et la gestion collective des risques.
L’enjeu dépasse désormais la simple coordination entre banques centrales : il s’agit de construire des outils permettant aux économies arabes de mieux absorber les chocs et de réagir collectivement lorsque les crises se multiplient.
UN NOUVEAU DÉFI POUR LES ÉCONOMIES ARABES
Dans un monde où une crise énergétique peut rapidement devenir une crise alimentaire, financière ou inflationniste, l’appel de la BCT met en avant la nécessité de disposer d’instruments communs avant que les chocs ne frappent.
La question posée à Abou Dhabi est donc celle de la capacité des économies arabes à passer d’une logique de réaction individuelle à une protection financière et monétaire davantage coordonnée.




















