Bien plus qu’un rendez-vous environnemental, une plateforme méditerranéenne de dialogue et d’action
Les 24 et 25 septembre 2026, Bizerte s’est retrouvée au centre des discussions consacrées à l’avenir de la Méditerranée à l’occasion de la 9e édition du Forum Mondial de la Mer. L’événement a réuni responsables publics, experts, chercheurs, diplomates, représentants d’organisations internationales, entrepreneurs et acteurs de la société civile autour d’un enjeu qui dépasse largement les frontières nationales : la lutte contre la pollution plastique en Méditerranée.
Derrière cette nouvelle édition se trouve une équipe qui a œuvré à construire un rendez-vous capable de réunir des profils et des univers différents autour d’un même objectif. Parmi les figures qui ont porté cette dynamique, Rim Ben Zina, directrice de La Saison Bleue, structure productrice du Forum, a occupé une place centrale dans la conception et la mise en œuvre de cette 9e édition.
Avec pour thème « Agir pour une Méditerranée sans plastique », le Forum a cherché à dépasser le simple constat de l’urgence environnementale. L’ambition était également de rapprocher les expertises, les initiatives et les décideurs afin d’identifier des pistes d’action concrètes et de renforcer les coopérations à l’échelle méditerranéenne.
Une Méditerranée réunie autour d’un défi commun
L’un des traits marquants de cette édition réside dans la diversité des participants et des expériences représentées. Le Forum n’a pas limité ses échanges aux acteurs tunisiens : il a ouvert largement ses portes aux partenaires méditerranéens, européens et arabes, permettant ainsi de confronter des approches scientifiques, institutionnelles, économiques et opérationnelles.
Institutions scientifiques et maritimes, organisations internationales, représentations diplomatiques, structures méditerranéennes, experts de l’environnement, spécialistes de l’économie circulaire, entrepreneurs et porteurs de projets ont ainsi pris part aux discussions.
Cette diversité a donné à Bizerte, durant deux journées, le rôle d’un véritable carrefour d’expériences. Elle a surtout rappelé une réalité fondamentale : la Méditerranée constitue un espace partagé et ses défis environnementaux ne peuvent être traités durablement par des initiatives isolées.
La science au cœur de la réponse à la pollution plastique
Le volet scientifique a occupé une place importante dans le programme de cette 9e édition. La première session a notamment été consacrée au diagnostic de la situation et aux perspectives à l’horizon 2030, avec la participation d’institutions tunisiennes et internationales spécialisées dans les sciences marines, l’environnement et les ressources naturelles.
Des organismes tels que l’Institut National des Sciences et Technologies de la Mer, l’Institut National Agronomique de Tunisie ou encore l’Agence de Protection et d’Aménagement du Littoral ont contribué aux échanges, aux côtés d’autres institutions et acteurs de la recherche maritime.
L’objectif n’était pas seulement de dresser un état des lieux. Les discussions ont progressivement porté sur les mécanismes permettant de transformer les connaissances scientifiques en politiques publiques, en programmes d’intervention et en solutions concrètes.
C’est précisément dans cette articulation entre science, décision publique et action de terrain que réside l’un des enjeux majeurs de la lutte contre une pollution qui, par nature, ignore les frontières.
De l’alerte environnementale à l’économie circulaire
La 9e édition du Forum a également choisi de déplacer le débat vers les solutions et l’innovation. La pollution plastique n’a pas été abordée uniquement comme une menace écologique, mais également comme un défi économique et industriel nécessitant de nouvelles approches.
Plusieurs initiatives tunisiennes ont ainsi été présentées, avec la participation d’entrepreneurs, d’experts et de porteurs de projets spécialisés dans le recyclage, les matériaux plastiques et l’économie circulaire.
Les discussions ont également exploré de nouveaux mécanismes susceptibles de contribuer au financement des infrastructures vertes, notamment autour du concept de « bourse du crédit plastique ».
Cette orientation traduit une volonté de rapprocher la protection de l’environnement des réalités économiques, en encourageant l’émergence de mécanismes capables de soutenir concrètement la transition vers des modèles plus durables.
Bizerte, un territoire au cœur du dialogue méditerranéen
Le choix de Bizerte pour accueillir le Forum revêt également une dimension particulière. Ville profondément liée à la Méditerranée par son histoire, sa géographie et son activité maritime, Bizerte s’est transformée, le temps de cette édition, en espace de rencontre entre des acteurs venus d’horizons différents.
La dynamique ne s’est d’ailleurs pas limitée aux deux journées principales du Forum. Le 24 septembre, un atelier consacré au projet SHARE4MED a notamment permis d’aborder la coopération entre municipalités tunisiennes et la préparation d’un plan d’action pour l’Alliance civile des municipalités méditerranéennes.
Cette séquence a également été marquée par le lancement officiel de l’association Circe.med, inscrivant davantage le Forum dans une logique de coopération, de mise en réseau et d’échange d’expériences entre les différents acteurs de la Méditerranée.
Rim Ben Zina, une direction discrète derrière une ambition structurée
L’organisation d’un événement international de cette dimension ne repose pas uniquement sur une programmation riche ou sur la présence de personnalités reconnues. Elle suppose également une vision, une capacité de coordination et une volonté de créer des passerelles entre des univers souvent éloignés.
C’est dans cette perspective que s’inscrit le rôle de Rim Ben Zina, qui dirige La Saison Bleue, structure productrice du Forum Mondial de la Mer.
La ligne directrice de cette 9e édition apparaît notamment dans la diversité de son programme : expertise scientifique, politiques publiques, initiatives locales, coopération internationale, innovation, économie circulaire, diplomatie et mobilisation de la société civile.
Cette combinaison a permis au Forum de ne pas se limiter à un rendez-vous institutionnel consacré à l’environnement, mais de créer un espace où les différentes dimensions du problème pouvaient être abordées simultanément.
Une place accordée à la jeunesse et aux générations futures
Autre dimension importante de cette édition : la participation de jeunes Tunisiens et Marocains. Leur présence a permis d’élargir le débat au-delà des institutions, des experts et des organisations spécialisées.
À travers leurs prises de parole, des élèves tunisiens et marocains ont appelé à une mer plus propre et à une protection renforcée de l’environnement marin. Leur message a introduit une dimension intergénérationnelle dans les discussions et rappelé que les décisions prises aujourd’hui détermineront directement l’état des écosystèmes méditerranéens de demain.
La question environnementale apparaît ainsi non seulement comme un dossier scientifique ou politique, mais comme un enjeu qui concerne directement les générations futures.
Après le Forum, l’enjeu reste celui de l’action
La réussite d’un événement de cette nature ne se mesure pas uniquement à son organisation, au nombre de participants ou à la qualité des intervenants. Elle se mesure également à ce qu’il peut laisser derrière lui : des collaborations, des projets, des réseaux et surtout des engagements susceptibles de se traduire par des actions concrètes.
La 9e édition du Forum Mondial de la Mer a ainsi placé la lutte contre la pollution plastique au centre d’une réflexion plus large sur l’avenir de la Méditerranée. L’objectif affiché consiste à favoriser l’émergence d’un agenda commun et à rapprocher les différents acteurs autour de priorités et de solutions partagées.
À Bizerte, le débat n’a donc pas seulement porté sur la manière de réduire le plastique dans la mer. Il a également posé une question plus vaste : comment les pays méditerranéens, leurs institutions, leurs chercheurs, leurs entreprises et leurs sociétés civiles peuvent-ils unir leurs efforts face à un défi qui ne connaît aucune frontière ?
C’est probablement là que réside l’une des principales ambitions portées par cette 9e édition : faire du Forum Mondial de la Mer non pas un simple rendez-vous annuel, mais un espace durable de dialogue, de coopération et de transformation au service de la Méditerranée.




















