Le marché du travail tunisien affiche une légère amélioration du taux de chômage, mais les chiffres du deuxième trimestre 2026 révèlent également de profondes disparités, notamment pour les femmes, les jeunes et surtout les diplômés de l’enseignement supérieur.
Selon les données publiées par l’Institut national de la statistique (INS), le taux de chômage s’est établi à 14,9% au deuxième trimestre 2026, contre 15% au trimestre précédent.
Le nombre de chômeurs a ainsi diminué de 19.300 personnes, passant de 641.700 à 622.400 chômeurs.
Une baisse qui mérite d’être regardée de près
Cette amélioration du taux global constitue un signal positif. Mais elle doit être analysée avec prudence.
La population active a en effet diminué de 77.500 personnes, passant de 4,268 millions au premier trimestre à 4,1905 millions au deuxième trimestre.
Autrement dit, la baisse du nombre de chômeurs s’accompagne également d’un recul important du nombre de personnes présentes sur le marché du travail.
Les hommes mieux lotis, les femmes davantage pénalisées
Les écarts entre les hommes et les femmes restent particulièrement importants.
Chez les hommes, le taux de chômage a diminué de 0,5 point pour atteindre 11,8%.
Chez les femmes, la tendance est inverse : le chômage a augmenté de 0,9 point, pour atteindre 21,6%.
La situation des femmes demeure donc nettement plus difficile sur le marché de l’emploi.
Jeunes : 35,4% de chômage malgré une amélioration
Chez les jeunes âgés de 15 à 24 ans, le taux de chômage a reculé, passant de 37,5% à 35,4%.
Cette baisse est encourageante, mais le niveau reste extrêmement élevé : plus d’un jeune actif sur trois demeure sans emploi.
Le taux atteint 34,6% chez les jeunes hommes et 37,1% chez les jeunes femmes.
Le véritable point noir : les diplômés
C’est toutefois le chômage des diplômés de l’enseignement supérieur qui constitue l’une des principales alertes des statistiques du deuxième trimestre.
Le taux est passé de 24,2% à 26,6% en seulement un trimestre.
Chez les diplômés hommes, il atteint 14,2%, tandis qu’il grimpe à 35,6% chez les diplômées.
Ces chiffres illustrent une nouvelle fois le profond décalage entre les qualifications disponibles et les capacités d’absorption du marché du travail.
Un chômage qui évolue différemment selon les territoires
Les données montrent également une évolution contrastée entre les zones urbaines et rurales.
En milieu urbain, le taux de chômage atteint 14,8%, contre 14,4% au trimestre précédent.
En milieu rural, il s’établit à 15%, contre 16,5% au premier trimestre.
Le recul est donc beaucoup plus marqué dans les zones rurales, tandis que le chômage augmente légèrement en milieu urbain.
Un chiffre global en amélioration, mais une crise qui persiste
Les chiffres du deuxième trimestre 2026 racontent finalement une histoire à deux visages.
Le chômage global recule à 14,9% et 19.300 personnes sortent des statistiques du chômage. Mais parallèlement, la population active diminue fortement et le chômage des diplômés de l’enseignement supérieur bondit à 26,6%.
La situation des femmes reste également préoccupante, avec 21,6% de chômage, tandis que les jeunes demeurent confrontés à un taux de 35,4%.
Le véritable défi pour la Tunisie n’est donc plus seulement de faire baisser le taux global de chômage, mais de créer suffisamment d’emplois qualifiés, durables et adaptés aux compétences de sa population active.
Car derrière le recul de 14,9% se cache toujours une question explosive : comment éviter que les jeunes diplômés continuent de sortir de l’université… sans trouver leur place sur le marché du travail ?




















