La dernière assemblée générale de l’Union Internationale de Banques n’aura laissé personne indifférent. Loin du rituel feutré habituellement associé à ce type de rendez-vous, la séance a été marquée par une tension palpable, révélatrice de fractures profondes au sein de l’institution.
Dès la présentation des rapports moral et financier, le climat s’est rapidement détérioré. Interventions incisives, prises de parole inhabituelles, critiques à peine voilées : plusieurs participants ont exprimé un malaise grandissant face à ce qu’ils perçoivent comme une dérive dans la gestion et l’orientation stratégique de la banque.
Au cœur des débats, le rôle du principal actionnaire, Société Générale, a cristallisé les tensions. Des voix se sont élevées pour dénoncer une approche jugée excessivement centrée sur ses propres intérêts, au détriment d’une vision partenariale équilibrée et respectueuse des spécificités locales. Cette perception d’un déséquilibre dans la prise de décision alimente un sentiment d’incompréhension, voire de défiance, chez une partie des actionnaires et observateurs.
Plus préoccupant encore, certains intervenants ont évoqué le recours à des mécanismes juridiques permettant de consolider une position dominante au sein des instances de gouvernance. Sans entrer dans les détails, ces pratiques sont perçues comme exploitant des zones grises du cadre réglementaire, ce qui pose, en filigrane, la question de l’éthique et de la transparence dans la conduite des affaires.
Au-delà des considérations techniques, un épisode symbolique est venu exacerber les tensions : l’absence du drapeau tunisien dans la salle. Ce détail, en apparence anodin, a été vécu comme une provocation par plusieurs participants. Dans un contexte déjà chargé, ce manquement a été interprété comme un signe supplémentaire de déconnexion avec l’ancrage national de la banque.
Ce cumul d’éléments — crispations autour de la gouvernance, perception d’une influence étrangère jugée excessive, maladresses symboliques — dessine les contours d’une crise de confiance qui ne dit pas encore son nom. Car au fond, la question posée dépasse le seul cadre de cette assemblée : elle touche à l’équilibre délicat entre ouverture du capital, attractivité des investisseurs internationaux, et préservation d’une souveraineté décisionnelle.
Dans un environnement bancaire en mutation, où les exigences de performance se conjuguent avec des attentes accrues en matière de gouvernance, l’Union Internationale de Banques se trouve aujourd’hui à un carrefour. Reste à savoir si les tensions observées relèvent d’un épisode conjoncturel… ou des prémices d’un débat plus structurel sur la place et le rôle de son actionnaire de référence.
BEN HEDDIA ABDELLATIF























