L’impact des la guerre dans le pays du Golfe vient juste de commencer. Après plus de 48 jours, c’est à ce mois que l’onde de choc sera la plus dure. Le détroit d’Hormuz est encore bloqué, des raffineries endommagées et des ports hors service. Le prix du baril de brut atteint plus de 103 dollars en moyenne.
Selon le directeur général de l’Agence Internationale de l’Energie, la crise actuelle dépasse de loin les chocs pétroliers historiques de 1973 et 1979. Durant ces deux crises le manque de brut était de 5 millions barils par jour, pour la crise actuelle le manque est de 13 millions de barils chaque jour.
Malgré la hausse du prix du carburant durant le mois de Mars dans plusieurs pays importateurs de pétrole et même aux Etats Unis, l’approvisionnement a été légèrement perturbé. Les pays ont déjà des stocks et les bateaux sont partis de la zone du Golfe avant le 28 février 2026, date de déclenchement des frappes sur l’Iran. En effet, le trajet prend en moyenne entre 30 et 40 jours. Maintenant les bateaux sont arrivé aux ports et ont déjà déchargés et sont à sec.
Dans plusieurs pays asiatiques et même en Europe, des pénuries de carburants sont enregistrées et des files d’attente devant les stations. En Malaisie on rationne l’approvisionnement en carburant. En Egypte, les commerces sont obligés de fermer à 9 heures du soir. En France, plus de 16% des stations d’essence sont à l’arrêt.
A cause de la guerre, plusieurs compagnies aériennes ont augmenté les prix des billets d’avion. Le kérosène manque déjà pour plusieurs compagnies qui étaient obligées d’annuler des vols. L’Agence Internationale de l’Energie vient d’alerter que l’Europe a des réserves de kérosène pour seulement 6 semaines. 75% des approvisionnements de l’Europe proviennent du Moyen-Orient. Imaginez tous les avions européens à l’arrêt comme au Covid-19. Un scénario catastrophe.
Selon l’AIE, si le détroit d’Ormuz n’est pas rouvert « d’ici la fin mai, de nombreux pays — à commencer par les économies les plus fragiles — vont être confrontés à d’énormes défis, allant d’une inflation élevée à une croissance ralentie, ou même une récession dans certains cas ».
L’impact de cette guerre s’étend même à l’agriculture plus de 40% des engrais dérivés de pétrole transitent par ce détroit. Selon le FAO, il existe une véritable menace pour une crise alimentaire mondiale. En effet, une hausse des prix des fertilisants et une réduction de leur utilisation mènera prochainement à une baisse de la production et une envolée des coûts. Les pays producteurs seront parfois obligés d’arrêter l’exportation ce qui fera augmenter les cours mondiaux.
D’autres secteurs sont aussi touchés notamment la production de plastique qui est utilisé pour les emballages.
Le mois d’Avril sera noir pour l’économie mondiale. Le FMI a déjà revu les prévisions de croissance mondiale à la baisse pour le reste de l’année.
Chez nous, l’approvisionnement en carburant est assuré jusqu’à ce jour puisque nous achetons auprès de l’Azerbaïdjan et de la Russie, qui sont loin de la zone de conflit. La Tunisie a déjà un stock d’un mois et demi. L’impact de cette guerre se fera sentir prochainement au niveau des finances publiques. Avec un cours de brut dépassant les 100 dollars il faudra une rallonge de plus de 4 milliards de dinars dans la rubrique subvention aux hydrocarbures. Il faut s’attendre aussi à une hausse importante des prix des céréales.
Aucun plan d’intervention ou mesures préventives n’ont été prises jusqu’à aujourd’hui par notre gouvernement.
























