L’heure de l’étonnement et de la surprise est passée. Nous nous sommes habitués aux chiffres qui alertent et qui choquent. Nous nous sommes aussi habitués à lancer les alertes sans avoir une réaction derrière. Un silence et un mutisme qui ne peut être expliqué que par la complicité ou l’incapacité.
Les billets et monnaie en circulation en Tunisie atteignent des niveaux très inquiétants. Nous passons chaque jour d’un record à un autre. Au 3 Avril 2026, les BMC sont de l’ordre de 28258 millions de dinars.
Pour mesurer l’évolution de ce chiffre il est important de rappeler qu’au 23 janvier 2026, l’encours de la monnaie fiduciaire a atteint 27065 millions de dinars, et qu’il était à 22562 millions de dinars au 23 janvier 2025. A la fin de 2015, ce chiffre était de l’ordre de 8 856 millions de dinars.
Cette situation traduit une économie très « cash ». Les ménages et les entreprises réalisent leurs opérations principalement avec du liquide.
Elle est aussi le symbole d’une économie informelle qui prend de plus en plus d’ampleur loin des regards du fisc et des comptes bancaires. On parle déjà d’un secteur informel représentant plus de 40% de l’économie nationale.
Un banquier nous confirme que les sorties dépassent largement les entrées dans les comptes bancaires. C’est ce qui explique la hausse continue du volume global de refinancement qui a atteint au 2 Avril 2026 plus de 11357 millions de dinars.
On se demande à quel niveau les banques peuvent avoir la capacité d’offrir la liquidité nécessaire pour leurs clients. La Banque Centrale a de son côté des limites pour répondre aux demandes de refinancement des banques. Une situation inacceptable et insupportable et qui met le secteur financier entier au défi.
Face à ce constat et cette situation d’urgence aucune remise en cause des lois, principalement celle sur les chèques, aucune « réanimation » de la stratégie nationale pour le décashing, aucune mesure pour accélérer les paiements mobiles, aucun effort pour améliorer l’inclusion financière, aucune mesure pour contenir le secteur informel…
La logique du « laisse la tomber » domine le paysage.


























