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Flambée des prix alimentaires : la Tunisie face à la tempête mondiale

Lexpert Editeur Lexpert
5 avril 2026
in Actualités, Economie
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La Tunisie est très dépendante des cours de plusieurs produits alimentaires dans le monde tel que les céréales, le café, le sucre, les huiles végétales, la viande,…Une hausse des prix de ces produits aura certainement des impacts négatifs sur nos finances publiques. L’actuelle guerre sur l’Iran et la fermeture du détroit d’Hormuz ont eu un impact important sur les cours mondiaux des produits alimentaires. C’est le constat relaté par l’indice des produits alimentaires du FAO qui vient d’être publié aujourd’hui 03 Avril 2026.

Une hausse pour le deuxième mois consécutif :
L’indice FAO des prix des produits alimentaires a affiché une valeur moyenne de 128,5 points en mars 2026, soit 3,0 points (2,4 pour cent) de plus que sa valeur révisée de février, et a enregistré sa deuxième hausse mensuelle consécutive. Les indices des prix de tous les groupes de produits – céréales, viande, produits laitiers, huiles végétales et sucre– ont plus ou moins augmenté, non seulement en raison des paramètres fondamentaux du marché, mais aussi en réponse à la hausse des prix de l’énergie qui s’explique par l’escalade du conflit au Proche-Orient. L’indice des prix des produits alimentaires a gagné 1,2 point (1,0 pour cent) par rapport à sa valeur d’il y a un an, mais restait inférieur de 31,7 points (19,8 pour cent) à son niveau record atteint en mars 2022.

L’indice FAO des prix des céréales a enregistré une valeur moyenne de 110,4 points en mars, soit une progression de 1,7 point (1,5 pour cent) par rapport à sa valeur de février et de 0,7 point (0,6 pour cent) par rapport à son niveau de mars 2025. La hausse s’explique par l’augmentation des cours de toutes les principales céréales, à l’exception du riz. Les prix internationaux du blé se sont appréciés de 4,3 pour cent, portés par la dégradation de l’évaluation des conditions de culture aux États-Unis d’Amérique face aux craintes de sécheresse et par le recul attendu des superficies ensemencées en Australie du fait de l’augmentation que devraient subir les coûts des engrais.
Les prix mondiaux du maïs ont progressé de seulement 0,9 pour cent, car l’abondance des disponibilités mondiales a continué de peser sur les marchés, malgré des inquiétudes concernant l’accessibilité financière des engrais à l’approche de la saison des semis dans l’hémisphère Nord, et malgré également les effets indirects de l’amélioration des perspectives de la demande d’éthanol, due à la hausse des prix de l’énergie.
Les prix de l’orge et du sorgho ont eux aussi augmenté. En revanche, l’indice FAO des prix de tous les types de riz a reculé de 3,0 pour cent en mars 2026, ce qui s’explique par le fléchissement des prix sur tous les principaux segments du marché, imputable à la fois aux pressions sur les récoltes, au déclin de la demande à l’importation et aux dépréciations de monnaies par rapport au dollar des États-Unis.

L’indice FAO des prix des huiles végétales s’est élevé en moyenne à 183,1 points en mars, soit une progression de 8,9 points (5,1 pour cent) par rapport à février, ce qui représente le troisième mois consécutif de hausse. Il surpasse de 21,3 points (13,2 pour cent) son niveau de mars 2025. Cette nouvelle augmentation est due à l’affermissement des cours des huiles de palme, de soja, de tournesol et de colza. Les prix internationaux de l’huile de palme ont atteint le plus haut niveau enregistré depuis la mi-2022 et ont dépassé ceux de l’huile de soja, principalement en raison des retombées de l’envolée des prix du pétrole brut, mais aussi de la détérioration des perspectives de production en Malaisie. Les prix mondiaux de l’huile de soja n’ont que légèrement progressé, car le recours accru aux biocarburants attendu aux États-Unis d’Amérique a été en partie contrebalancé par la hausse saisonnière des disponibilités à l’exportation en Amérique du Sud. En parallèle, les prix internationaux de l’huile de tournesol et de l’huile de colza étaient soutenus respectivement par le resserrement des disponibilités qui se poursuit dans la région de la mer Noire et par la progression attendue de la demande de matières premières face à la hausse marquée des prix mondiaux de l’énergie.

L’indice FAO des prix de la viande s’est établi en moyenne à 127,7 points en mars, soit 1,2 point (1,0 pour cent) de plus qu’en février et 9,4 points (8,0 pour cent) de plus que sa valeur enregistrée il y a un an. Cette augmentation s’explique principalement par l’accroissement des prix de la viande de porc, ainsi que par une légère progression des cours de la viande de bovins, alors que les prix de la viande d’ovins et de la viande de volaille ont fléchi.

L’indice FAO des prix des produits laitiers a enregistré une valeur moyenne de 120,9 points, soit une progression de 1,5 point (1,2 pour cent) depuis février, mais est resté inférieur de 27,8 points (18,7 pour cent) au niveau d’il y a un an. Cette hausse, la première depuis juillet 2025, est principalement imputable à l’augmentation des cours du lait écrémé en poudre, du beurre et du lait entier en poudre, bien que le repli des prix internationaux du fromage ait limité la progression globale.

L’indice FAO des prix du sucre a affiché une valeur moyenne de 92,4 points en mars, qui correspond à une augmentation de 6,2 points (7,2 pour cent) par rapport à février et au niveau le plus haut enregistré depuis novembre 2025. Il demeure toutefois inférieur de 24,5 points (21,0 pour cent) à celui de mars 2025. La hausse observée en mars 2026 s’explique essentiellement par le fait que, face à la progression des prix internationaux du pétrole brut, le marché s’attend à ce que le Brésil, premier exportateur mondial de sucre, mise davantage sur la production d’éthanol à partir de canne à sucre lors de la récolte à venir. Les inquiétudes quant aux répercussions de l’escalade du conflit au Proche-Orient sur le commerce du sucre ont exercé une pression supplémentaire à la hausse sur les prix. Néanmoins, l’augmentation globale des prix mondiaux du sucre a été limitée par les perspectives globalement favorables de l’offre mondiale pour la saison 2025-2026, qui s’expliquent par le bon déroulement des récoltes en Inde et en Thaïlande.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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