Le nombre d’accidents chute de près de 20% depuis le début de l’année, mais 781 vies ont déjà été fauchées sur les routes… La vitesse reste l’ennemi numéro un.
Les chiffres de la sécurité routière en Tunisie révèlent une situation paradoxale et préoccupante : les accidents diminuent, mais les routes continuent de tuer davantage.
Selon les données publiées par l’Observatoire national de la sécurité routière, 2 712 accidents ont été enregistrés entre le début de l’année 2026 et le 5 août, contre 3 365 accidents durant la même période en 2025, soit une baisse significative de 19,41%.
Mais derrière cette amélioration apparente se cache une réalité beaucoup plus sombre : le nombre de décès a augmenté, passant de 708 morts en 2025 à 781 morts en 2026, soit une hausse de plus de 10%.
Moins de blessés, mais des accidents plus meurtriers
Le nombre de personnes blessées a également enregistré une baisse de 19,43%, avec 3 554 blessés contre 4 411 un an auparavant.
Cependant, l’augmentation du nombre de victimes mortelles montre que les accidents enregistrés sont souvent plus graves, notamment lorsqu’ils sont liés aux excès de vitesse ou à des comportements dangereux.
Inattention et vitesse : le cocktail le plus dangereux
L’inattention demeure la première cause des accidents de la circulation, représentant 28,36% des cas, suivie par :
- 🚨 L’excès de vitesse : 22,68%
- 🚦 Le non-respect de la priorité.
Mais lorsqu’il s’agit des accidents mortels, le classement change :
la vitesse excessive devient la première cause de décès sur les routes, avec 37,39% des accidents mortels, devant :
- L’inattention : 15,75%
- Le non-respect de l’obligation de circuler à droite : 10,24%
Avril le plus accidentogène, mai le plus meurtrier
Sur le plan mensuel, avril 2026 a enregistré le plus grand nombre d’accidents avec 426 cas, tandis que mai a été le mois le plus meurtrier avec 124 décès.
Du côté des régions, le gouvernorat de Tunis arrive en tête en nombre d’accidents, suivi de Mahdia et Nabeul.
La Tunisie lance la bataille pour sauver des milliers de vies
Face à cette situation, la Tunisie a lancé en juillet la Stratégie nationale multisectorielle de sécurité routière 2025-2034, avec un objectif ambitieux : réduire de 50% le nombre d’accidents mortels d’ici 2034.
Cette stratégie repose notamment sur :
- l’amélioration des infrastructures routières ;
- le renforcement du contrôle et de l’application de la loi ;
- la prévention et la sensibilisation des conducteurs.
Le constat est sans appel : les routes tunisiennes enregistrent moins de collisions, mais chaque accident devient plus meurtrier. Derrière chaque chiffre se cache une vie perdue et une urgence nationale qui demeure.




















