Les Tunisiens résidant à l’étranger ne sont pas seulement des contributeurs financiers à travers leurs transferts d’argent : ils représentent une véritable richesse nationale, un capital humain stratégique capable de jouer un rôle majeur dans le développement économique du pays.
C’est le message porté par le ministre des Affaires sociales, Issam Lahmar, qui a affirmé que la diaspora tunisienne constitue aujourd’hui un partenaire essentiel pour l’avenir de la Tunisie, grâce à ses compétences, ses expertises internationales et son expérience acquise dans les différents pays d’accueil.
Le grand défi : passer des transferts à l’investissement
Pendant des décennies, la relation entre la Tunisie et sa diaspora a été principalement associée aux transferts financiers. Mais les autorités veulent désormais changer de modèle : faire des Tunisiens de l’étranger une force d’investissement, d’innovation et de création d’emplois.
La conférence régionale du troisième district a ainsi permis de rapprocher les investisseurs tunisiens établis à l’étranger des structures administratives, financières et économiques, avec un objectif clair : lever les obstacles et encourager l’investissement direct en Tunisie.
Des ateliers ont notamment porté sur les secteurs porteurs, l’inclusion financière et les moyens d’orienter davantage les transferts des Tunisiens à l’étranger vers des projets productifs.
Lourdeurs administratives : le frein qui bloque encore la diaspora
Le ministre a toutefois reconnu que les Tunisiens résidant à l’étranger rencontrent encore d’importantes difficultés administratives, notamment en raison du retard de la digitalisation des services publics tunisiens par rapport aux pays d’accueil.
L’État travaille à accélérer la transition numérique, malgré les défis liés aux infrastructures technologiques et à l’adaptation des ressources humaines aux nouveaux outils digitaux.
Une nouvelle génération de services publics numériques
Concernant le programme social « Amen », le ministre a expliqué que la réauthentification électronique des dossiers vise à garantir une meilleure justice sociale.
Grâce à l’interconnexion des bases de données relatives aux biens, aux revenus et aux comptes financiers, les autorités cherchent à lutter contre les bénéficiaires non éligibles et à orienter les aides vers ceux qui en ont réellement besoin.
Réforme du Code du travail : la Tunisie prépare l’économie de demain
Autre chantier annoncé : la révision du Code du travail, toujours à l’étude.
Cette réforme ambitionne d’accompagner les nouvelles mutations économiques à travers :
- l’encadrement du télétravail ;
- la régulation de l’économie des plateformes numériques ;
- le renforcement de la santé et de la sécurité au travail ;
- l’harmonisation avec les normes internationales.
Diaspora tunisienne : le potentiel d’une puissance économique mondiale
Réunissant les gouvernorats de Kairouan, Kasserine, Sousse, Monastir, Mahdia et Siliana, cette rencontre a confirmé une réalité : la Tunisie dispose à l’étranger d’une force économique, scientifique et entrepreneuriale considérable.
Le véritable enjeu est désormais de réussir à transformer cette diaspora en acteur majeur du développement national, en passant d’une logique de soutien financier à une logique de partenariat économique durable.
Car derrière chaque Tunisien établi à l’étranger se trouve peut-être un investisseur, un entrepreneur, un expert ou un ambassadeur économique capable de contribuer à la nouvelle dynamique du pays.




















