4 400 hectares partis en fumée en trois mois… La Direction générale des forêts mise d’abord sur la régénération naturelle avant toute opération de reboisement.
Alors que les incendies ont ravagé 4 400 hectares de forêts en Tunisie entre mai et juillet 2026, soit une hausse de plus de 62 % par rapport à la même période de 2025 (2 705 hectares), la Direction générale des forêts appelle à la prudence et écarte toute précipitation dans les opérations de reboisement.
Contrairement aux idées reçues, planter des arbres immédiatement après un incendie constitue une « erreur technique majeure », avertit l’organisme relevant du ministère de l’Agriculture. Selon ses experts, la nature dispose de mécanismes de régénération qu’il est essentiel de laisser agir avant toute intervention humaine.
La priorité : sécuriser les zones sinistrées
Au cours de la première année, les interventions seront exclusivement consacrées à la sécurisation des sites touchés. Les équipes forestières procéderont notamment à l’extraction du bois calciné afin d’éviter la prolifération des parasites et mettront en place des barrages en bois sur les pentes pour réduire les risques d’érosion lors des premières pluies.
La forêt peut renaître d’elle-même
Les spécialistes rappellent que plusieurs espèces méditerranéennes possèdent une remarquable capacité de résilience. Le pin d’Alep libère naturellement ses graines sous l’effet de la chaleur des incendies, tandis que le caroubier et le chêne-liège repoussent grâce à leurs systèmes racinaires.
Ce n’est que si cette régénération naturelle s’avère insuffisante que les techniciens lanceront un programme de reboisement artificiel, entre novembre et mars, période où l’humidité hivernale favorise la reprise des jeunes plants.
Vers des forêts plus résistantes au changement climatique
Les autorités souhaitent également rompre avec les plantations composées d’une seule essence. La future stratégie privilégiera la diversité biologique, avec des espèces comme l’olivier sauvage, le pin pignon et le caroubier, jugées plus adaptées aux défis climatiques et capables de renforcer la résilience des écosystèmes forestiers.
Face à la multiplication des incendies et aux effets du changement climatique, la Direction générale des forêts défend ainsi une approche scientifique : laisser la nature se reconstruire lorsque cela est possible, puis intervenir de manière ciblée uniquement lorsque la régénération naturelle ne suffit plus.




















