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La classe moyenne : fragilisée mais résiste

Lexpert Editeur Lexpert
4 mars 2026
in Actualités, Economie
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La classe moyenne tunisienne est l’un des piliers qui a été durement fragilisé durant les dernières années. La classe moyenne tunisienne n’est pas simplement un pourcentage de la population qu’on suit statistiquement, mais ce sont des vies, des ménages, des dignités qui s’écrasent chaque mois devant l’inflation, la baisse des revenus et l’apparition de nouveaux besoins. Concrètement ce sont des enseignants qui n’arrivent plus à finir les mois, des fonctionnaires qui s’écrouent sous l’effet de l’endettement, des commerçants qui sont obligés de faire des arbitrages avant d’acheter, des jeunes qui n’arrivent pas à survivre,….La classe moyenne longtemps la fierté et le moteur économique du pays, est en train de s’effriter. Mais ou est passée cette classe moyenne ?

Entre les statistiques, il y a des vies :

Selon les différentes études réalisées sur la Tunisie, et les analyses faites par les économistes, plusieurs méthodes sont utilisées pour définir la classe moyenne. Certains optent pour le revenu, d’autres pour les dépenses, et certains prennent en considération le logement, le niveau d’éducation et le travail.

Un presque consensus est trouvé entre plusieurs institutions internationales définissant celui qui appartient à la classe moyenne ayant un niveau de dépense variant entre 8 et 20 dollars. Selon l’enquête consommation de 2021, la dépense moyenne par habitant était de 5 468 TND par an.

Selon les chiffres officiels, la classe moyenne représenterait 67,7 % de la population tunisienne en 1980, 72,9 % en 1985, 76,9 % en 1995, 80% en 2010, 67% en 2015. Aujourd’hui, et à la lumière de la récente enquête sur la consommation des ménages, la classe moyenne représentait moins de 50%. Elle se situe ainsi, entre les 30 % les plus pauvres et les 20 % les plus riches.

Une récente étude réalisée en 2023 par Bonnefond et Mabrouk identifie quatre groupes sociaux distincts composant la société tunisienne en 2021 : (i) la catégorie populaire composée d’individus vulnérables (37,1 % de la population), avec un faible revenu et sans emploi ; (ii) la catégorie des « classes moyennes inférieures » (22,6 %), qui regroupe essentiellement des salariés exerçant comme ouvriers, avec un faible niveau d’éducation, et une grande partie de travailleurs de l’informel ; (iii) les « classes moyennes d’entrepreneurs et d’indépendants » (17,3 %), avec un niveau d’éducation intermédiaire ; (iv) les « classes moyennes supérieures » qui se mêlent aux catégories aisées (23 %), dont les membres ont pour caractéristiques d’être éduqués, de toucher un revenu élevé, d’occuper des postes qualifiés ou à responsabilités (techniciens, managers, …) et d’être surreprésentés dans le secteur public.

69% des tunisiens appartenant à la classe moyenne ont une couverture sociale, 19% des familles de la classe moyenne ont un membre qui perçoit une pension de retraite. 22% des familles de cette classe ont au moins un membre au chômage.

Sur le plan pratique, une famille de la classe moyenne c’est celle ayant une maison acquise à crédit, une voiture, ayant un revenu stable, qui essaye parfois de passer des vacances estivales, des études universitaires pour les enfants, avec un membre ayant au moins un crédit bancaire.

Passée sous les 50% :

Depuis 2011, et les problèmes économiques qui ont secoué le pays, la classe moyenne est en train de disparaitre sous l’effet d’une inflation galopante, une érosion du pouvoir d’achat, des revenus qui n’arrivent pas à suivre le rythme de la hausse des prix, l’apparition de nouveaux besoins de la vie moderne, et un chômage persistant des diplômés du supérieur.

L’effritement de la classe moyenne n’était pas rapide et brusque, mais lent et très profond, c’est-à-dire qu’il a touché les strates les plus fragiles. Un amincissement continue qui crée un gap plus important entre riches et pauvres, et réduit une soupape sociale qui était la garantie de la stabilité du pays.

L’effritement de la classe moyenne est en train de s’effectuer par le bas. En effet, ce sont des familles qui basculent dans la pauvreté à cause d’un père de famille qui se trouve subitement au chômage, des enfants qui n’arrivent pas à trouver un travail après des années d’études universitaires, un entrepreneur qui est obligé de fermer boutique à cause d’une conjoncture économique difficile ou un endettement excessif ou un redressement fiscal,….

Décalage revenu-inflation :

L’inflation est incontestablement le phénomène qui touche la classe moyenne en profondeur. Elle s’est établie à des niveaux importants durant les dernières années. Une inflation qui n’a pas été couverte par une hausse des revenus et des salaires suffisante. En effet, si les prix ont augmenté de 40% durant les 5 dernières années, les revenus n’ont augmenté qu’en moyenne de 10%.

Cette inflation est très préjudiciable pour la classe moyenne car elle touche principalement les prix des produits alimentaires qui représentent plus de 33% des dépenses des ménages. La moyenne de la hausse des prix des produits alimentaires s’établit entre 10% et 17% au cours des 5 dernières années.

S’ajoutent à la hausse des prix des produits alimentaires, la hausse des prix du transport, de l’énergie, des loyers, de la santé,….qui ont augmenté plus vite que les salaires.

De nombreuses familles appartenant à la classe moyenne sont aujourd’hui obligés de survivre et non plus de vivre. Elles sont confrontées à des arbitrages quotidiens et la moindre dépense imprévue déstabilise toute la famille.

Une classe endettée et n’épargne plus :

L’encours des crédits aux particuliers a atteint en 2025, plus de 30.4 milliards de dinars. Le rythme de cet encours est en train de baisser sous l’effet de capacité d’endettement très limitée des ménages.

Selon une enquête de l’Institut National de la Consommation, 6 tunisiens sur 10, sont systématiquement ou souvent dans le rouge, et 2 ménages sur 3 ne peuvent pas vivre sans s’endetter. 43% des ménages tunisiens ont au moins un membre de la famille qui est endetté.

Les ménages endettés consacrent 43% de leurs revenus pour payer l’encours de leurs dettes. Ce chiffre monte à 60% pour de nombreux ménages

Cette situation de l’endettement des ménages est due principalement à des revenus qui stagnent, des prix qui augmentent, un taux d’intérêt en hausse, et de nouveaux besoins qui apparaissent.

Le surendettement de certains ménages, qui s’endettent auprès de plusieurs sources (banque, famille, amis, achat à crédit, fond social, caisse sociale,…) cause une pression psychologique énorme et des problèmes sociaux encore plus graves (divorce,…)

De l’autre côté le taux d’endettement des ménages a atteint des niveaux historiquement bas, passant à seulement 2.5% en 2024.

22.5% de taux de chômage pour les diplômés :

La classe moyenne tunisienne investit énormément dans l’éducation des enfants rêvant encore de l’ascenseur social. Les dépenses allouées à l’éducation pèsent lourd dans le budget, considéré comme un investissement. Le retour sur cet investissement est attendu après l’obtention du diplôme. Or le taux de chômage en Tunisie atteint 15.2% soit plus de 640.000 personnes. Chez les jeunes âgés de 15 à 24 ans, le taux de chômage s’établit à 38,4 %. Le taux de chômage chez les titulaires d’un diplôme de l’enseignement supérieur s’élève à 22,5 % en 2025.

80% des familles tunisiennes ont au moins un diplômé au chômage. Des jeunes qui sont obligés d’habiter chez leurs parents pour longtemps ce qui augmente la précarité et la fragilité des familles de la classe moyenne.

Une consommation qui ralentit :

Sur le plan économique, la classe moyenne est un moteur important de la consommation et par conséquent de la croissance. C’est pour cette raison qu’une classe moyenne plus large est synonyme de prospérité et de stabilité. Sous la pression de la baisse des revenus, de l’inflation, et de la pression des nouveaux besoins, les modes de consommation de la classe moyenne ont nettement changé.

Ils réduisent les investissements long-terme, tel que les voitures, les habitations, l’électroménager,…..Ils sont constamment à la recherche des promotions au dépend de la qualité et de la santé. Ils sont face à des arbitrages lors des achats, et réduisent constamment les dépenses non essentielles. Face aux imprévus et les prix élevés, les ménages de la classe moyenne reportent constamment leurs achats durables et leurs investissements surtout pour l’amélioration de leur condition de vie.

Ce comportement freine un des seuls moteurs qui fonctionnent actuellement en Tunisie à savoir « la consommation ».

L’érosion de la classe s’effectue malheureusement depuis des années par le bas. Des gens qui se croyaient à l’écart de la précarité se trouvent en pauvreté.

Au-delà des chiffres, le moral des ménages de la classe moyenne est au plus bas, obligés de batailler chaque jour afin de garantir une vie décente.

Si le processus d’érosion de la classe moyenne continue à ce rythme, on risque d’avoir seulement des riches et des pauvres, et entre les deux une petite classe tampon.

La reconstruction de la classe moyenne en Tunisienne ne peut s’effectuer qu’à travers une croissance économique plus importante et des mécanismes de redistribution équitable de la richesse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La classe moyenne tunisienne n’est pas morte. Elle est fragilisée.

Elle travaille toujours. Elle espère toujours. Elle s’adapte. Elle serre les dents.

Mais elle ne peut porter seule le poids des déséquilibres macroéconomiques.

En tant qu’économiste, je dirais que la question de la classe moyenne n’est pas seulement sociale : elle est stratégique. Sans classe moyenne solide, pas de demande interne dynamique. Sans demande, pas d’investissement. Sans investissement, pas d’emplois durables.

La classe moyenne est le cœur battant de l’économie tunisienne.

Et un cœur fatigué mérite attention.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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