La Tunisie vient d’enregistre une inflation pour l’ensemble de l’année 2025 à 5,3 %, contre 7% en 2024. Le taux d’inflation s’est stabilisé à 4,9% au mois de décembre 2025. Mais la rubrique des produits alimentaires et des boissons qui constitue plus de 26% de l’indice continue à enregistrer des hausses importantes. En prévision du mois de Ramadan qui enregistre des pics dans la consommation, le ministère du commerce vient de fixer les marges bénéficiaires de certains produits alimentaires. La décision est judicieuse, mais aura-t-elle l’impact attendu ?
3 arrêtés du ministre du commerce viennent d’être adressés aux professionnels et qui fixent les marges bénéficiaires de certains produits alimentaires. Ces décisions sont prises selon la loi 36-2015 en date du 15 Septembre 2015 relative à l’organisation de la concurrence et des prix.
En date du 21 Janvier 2026, la première décision fixe les marges bénéficiaires brutes de la vente en détail des fruits et légumes. Cette marge a été fixée au niveau de 15% pour les grandes surfaces et à 25% pour les autres commerçants. Durant toute l’année 2025 les prix des fruits ont augmenté de 16% alors que les légumes ont augmenté de 14%.
Le 2ème arrêté concerne les produits de volailles. Les marges bénéficiaires brutes au détail du poulet PAC a été fixée au niveau de 15% alors que la marge au niveau de l’escalope de dinde est fixée à 20%. En 2025, les produits de volaille ont enregistré une hausse de 5%. Duran les derniers jours les produits ont continué à augmenter à cause de l’abattage clandestin et des conditions météorologiques selon la profession. Le kilo de viande de poulet PAC atteint parfois 9.3 dinars, alors qu’il y a quelques semaines il se vendait à 7.5 dinars.
Le 3ème arrêté concerne les produits de la pêche. Il fixe les marges bénéficiaires brutes au niveau de la vente en détail à 25%. Cet arrêté entrera en vigueur le 5 Février 2026.
Selon le décret-loi n°10 du 17 Avril 2020, les contrevenants encourent des pénalités importantes et peuvent aller jusqu’à la prison.
Les agents du contrôle économiques du ministère du commerce appliqueront ces arrêtés sur la base des factures d’achat et des prix affichés. Un programme spécifique du contrôle économique pour le mois de ramadan est toujours prévu par le ministère.
Nous espérons que ces arrêtés auront l’impact escompté pour maitriser la hausse des prix des produits alimentaires. Un impact qui mesurera certainement l’efficacité des agents du contrôle économique. Ces agents dont le nombre ne dépasse pas les 600 pour contrôler plus de 250.000 points de vente de détail.
Il faut signaler à ce niveau que la fixation des marges bénéficiaires à la vente en détail n’engendrera pas directement des baisses de prix, car ceci dépendra principalement des prix de vente de gros. Les coûts de production augmentent surtout au niveau de la filière des volailles et il sera difficile de compresser les prix à ce niveau. Le phénomène des fausses factures de vente de gros est très répandu dans plusieurs produits et ceci réduira sensiblement l’impact des arrêtés du ministre du commerce au niveau du détail.
Le ministère du commerce doit aussi intégrer dans sa politique de contrôle les marchants ambulants de fruits et légumes, qui s’installent dans leurs camions au niveau des axes routiers, et vendent leurs marchandises au prix du marché et sans facture, alors qu’ils n’ont pas de charges d’impôt ou de loyer ou de CNSS.






















