Le World Economic Forum de Davos est une opportunité annuelle pour écouter ceux qui dirigent l’économie et la politique mondiale. L’édition de cette année était riche en déclarations chocs.
Outre le discours très controversé de Donald Trump, le discours largement applaudi du premier ministre canadien qui a critiqué le nouvel ordre mondial, et le discours d’Elon Musk qui s’est moqué d’une manière intelligente de la politique de Donald Trump, un discours a retenu notre attention par sa simplicité et sa profondeur est celui de la directrice générale du Fond Monétaire International Kristalina Georgieva. Elle a surtout fait une évaluation des niveaux de croissance dans le monde et les révisions qui ont été faites à la lumière de la conjoncture mondiale.
Selon elle, en 2025 quatre phénomènes étaient intéressants :
- L’agilité du secteur privé pour s’adapter avec les différentes conjonctures et circonstances
- Les tensions commerciales engendrées par la politique tarifaire américaine n’ont pas eu un impact grave sur l’économie mondiale comme prédit par plusieurs analystes.
- Il existe un grand enthousiasme pour l’Intelligence Artificielle et de grands investissements ont été faits dans ce secteur
- Les institutions ont joué un rôle important en 2025. Les banques centrales et les autorités fiscales ont intervenu pour soutenir l’économie quand il le faut, au dépend d’un niveau élevé de dettes.
Afin de maintenir la croissance économique à un niveau qui permet de créer de l’emploi et de la richesse, Kistalina conseille les pays de consolider les fondamentaux de leur économie et d’avoir un niveau de dette soutenable.
Afin de relancer la croissance la directrice générale du FMI évoque 3 éléments essentiels et qui sont valables pour l’économie tunisienne.
- La politique d’impôt et de dépenses : si les Etats ne taxent pas excessivement, les entreprises et les ménages vont investir encore plus. Donc moins d’impôts permet de relancer l’investissement, l’épargne et la consommation.
- La politique de dépense de l’argent : les Etats doivent dépenser leur argent dans le développement du capital humain, l’infrastructure et la recherche et développement. Les Etats doivent continuer à investir et soutenir les projets d’infrastructure car ils sont générateurs de croissance.
- Le cadre législatif : les Etats doivent mettre des lois intelligentes pour attirer les investisseurs, dynamiser l’économie
Les axes soulevés par la DG du FMI autant sont simples à dire, mais peuvent constituer un socle important pour une politique publique de relance économique. Chaque élément cité par la directrice générale du FMI peut être décliné en actions et programmes et transformé en lois.
Loin de la position officielle de la Tunisie face au FMI, et l’allergie face à cette institution qui a conduit à une quasi rupture des relations ; les recommandations de la DG sont intéressantes.






















