Alors que la guerre bat son plein dans la zone du Golfe, l’onde de choc est internationale. Mais comme à l’issue de chaque malheur, il y a toujours des gagnants et des perdants. Les plus intelligents sont ceux qui ont fait de la prévision et savent sortir de la crise avec les moindres dégâts, ou le plus de profits.
Selon les dernières prévisions, le prix du baril pourrait atteindre 120 dollars, si cette guerre continue encore. Un niveau qui risque de freiner l’économie mondiale, perturber les chaines d’approvisionnement, et monter l’inflation mondiale. L’impact de cette « excursion » américaine, tel qu’elle a été qualifiée par le président Trump, diffère d’un pays à l’autre.
La Tunisie sera certainement impactée puisque nous sommes un pays importateurs net de pétrole depuis des années. Selon les prévisions de l’expert Moez Hadidane, l’impact de la hausse des prix du pétrole pourrait atteindre 3.7 milliards de dollars, soit 50% de ce qui a été prévu dans le budget pour la subvention des hydrocarbures. Le budget de cette année a été calculé sur la base d’un baril à 65 dollars.
Dans un contexte de problèmes majeurs au niveau des finances publiques, la Tunisie n’a pas les moyens de supporter un tel impact, surtout dans une période de convalescence de l’économie nationale.
Il est certain que des sacrifices doivent être faits. Une reclassification des priorités est nécessaire à la lumière du déroulement de la guerre. La Tunisie ne peut pas s’aventurer à essayer d’emprunter sur les marchés internationaux vu que notre rating va nous imposer des taux très élevés.
La seule voie pour pouvoir sortir d’une éventuelle crise est d’adopter une politique d’austérité pour le reste de l’année budgétaire.
Le plus étrange à notre sens est que le gouvernement ne semble pas se soucier de ce qui se passe au Golfe et son impact direct sur notre économie. Aucune réunion d’urgence de haut niveau, ou simulation de scénarios pour examiner les solutions, n’a été faite.
De son côté l’Egypte qui est lourdement impactée par cette guerre, surtout avec la chute des recettes du Canal de Suez suite à la fermeture du détroit d’Ormuz, a déjà annoncé des mesures d’austérité drastiques.
En effet, la commission centrale de gestion des crises, s’est réunie hier sous la présidence du président du gouvernement Egyptien, et à pris des mesures de réduction de dépenses afin de combler la baisse des recettes et la hausse du prix du baril.
Parmi ces mesures : l’annulation de toutes les manifestations et festivités nationales, la réduction des missions gouvernementales à l’étranger, mise en œuvre d’un plan de gestion de gestion de l’éclairage public et des panneaux publicitaires, accélération de la mise en fonction des moyens de transports collectifs, accélération de l’usage des moyens de transports électriques ou fonctionnant au gaz naturel, réduction de l’importation des produits finis non essentiels.
Des mesures qui, à notre sens, auront un impact très limité. En effet, depuis le déclenchement de la guerre en Iran, le nombre moyen de bateaux conteneurs qui passent par le canal est passé de 80 à 26.
N’empêche qu’on sent une prise de conscience de l’ampleur des évènements et leur impact potentiel sur l’économie.
Nous espérons que notre gouvernement sortira de son silence, et nous annonce sa stratégie pour réduire l’impact de cette « maudite » guerre sur notre économie. Une réunion d’un conseil ministériel est nécessaire sur ce sujet.
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