La Banque européenne pour la reconstruction et le développement vient de publier un rapport actualisé sur les perspectives économiques dans sa région d’intervention intitulé « A sec » ou « running dry ». Pour la Tunisie les perspectives ont été revues à la hausse grâce à une bonne saison agricole mais demeurent modestes. La révision est de 0.2% en 2026 et 0.1% en 2027. Les perspectives de la BERD sont très réalistes au point que le ministère des finances doit les prendre en considération lors de l’élaboration du budget 2027.
Ralentissement de la croissance
La croissance dans les régions d’intervention de la BERD est passée de 3,1 % en 2024 à 3,4 % en 2025, avant de ralentir pour s’établir à un taux estimé de 2,4 % en glissement annuel au premier semestre 2026. Ce ralentissement reflète une forte contraction de l’activité à cause du conflit déclenché au Moyen-Orient le 28 février 2026 et les perturbations du trafic dans le détroit d’Ormuz qui ont ramené les exportations de pétrole à moins d’un quart de leur capacité d’avant le conflit.
Hors Irak, la croissance dans les régions de la BERD a ralenti plus modérément, passant de 3,6 % en 2025 à 3,1 % en glissement annuel au premier semestre 2026, sous l’effet de la hausse des prix de l’énergie, des perturbations du transport maritime et d’une quasi-stagnation en Ukraine dans un contexte d’intensification des attaques militaires russes.
Zone Méditerranée méridionale et orientale
L’Égypte et la Jordanie ont fait preuve d’une résilience notable au premier semestre 2026, malgré les répercussions négatives du conflit au Moyen-Orient. En revanche, le Liban a été durement touché par les guerres, tant sur son propre territoire que dans la région, subissant de nouveaux dommages aux infrastructures. Les exportations pétrolières de l’Irak continuent de pâtir de la fermeture du détroit d’Ormuz, faute d’alternatives viables à court terme. La croissance a ralenti en Tunisie et au Maroc, le ralentissement de l’activité industrielle et la baisse des dépenses d’investissement — respectivement — n’ayant été que partiellement compensés par une forte production agricole.
Une croissance de 2.4% en 2026 et 20.3% en 2027 pour la Tunisie :
Selon le rapport, le PIB de la Tunisie a progressé de 2,4 % au premier semestre 2026, contre 2,7 % un an plus tôt. L’expansion des secteurs de l’agriculture et de l’agroalimentaire a compensé le recul observé dans la chimie, le textile et d’autres branches industrielles. Alors que l’inflation annuelle s’établissait en moyenne à 5,1 % sur la période de janvier à juillet 2026 — sous l’effet de la hausse des cours des matières premières et d’une flambée temporaire des prix alimentaires —, la Banque centrale de Tunisie a maintenu son taux directeur à 7,0 % pour la troisième fois consécutive en juillet 2026. Si les subventions publiques ont atténué l’impact inflationniste de la hausse des prix mondiaux de l’énergie, la facture des importations énergétiques s’est alourdie de 31,6 % en glissement annuel sur la période janvier-juillet 2026, ce qui devrait alourdir le déficit budgétaire de 2026, projeté à 6,0 %. Le déficit du compte courant s’est creusé pour atteindre 2,3 % du PIB au premier semestre 2026, contre 1,6 % l’année précédente, alors que les recettes du tourisme et des envois de fonds — principales sources de devises — ont progressé d’environ 5,0 %. Les réserves en devises s’élevaient à 8,5 milliards de dollars US en août 2026, soit une baisse de 11 % par rapport au mois précédent, consécutive au remboursement du principal (700 millions d’euros) de la dernière obligation souveraine internationale. La Tunisie a également signé des accords de financement avec la Banque africaine d’import-export (Afreximbank) et le Fonds monétaire arabe pour un montant de 812 millions de dollars US. La croissance du PIB devrait s’établir à 2,4 % en 2026 et à 2,3 % en 2027. Les risques de baisse incluent la vulnérabilité à la hausse des cours mondiaux des matières premières et l’incertitude liée à la politique commerciale. On espère que le ministère des finances prend en considération ces perspectives proches de la réalité pour l’élaboration du projet de budget 2027.




















