Le bilan de la sécurité routière en Tunisie continue de susciter l’inquiétude. Depuis le début de l’année jusqu’au 18 septembre 2026, le nombre de personnes tuées dans des accidents de la circulation a augmenté de 11,11 % par rapport à la même période de 2025, selon les dernières statistiques de l’Observatoire national de la sécurité routière (ONSR).
Au total, 3 384 accidents ont été enregistrés depuis le début de l’année, faisant 980 morts et 4 391 blessés.
À titre de comparaison, durant la même période de 2025, la Tunisie avait enregistré 3 986 accidents, 882 morts et 5 299 blessés.
Moins d’accidents… mais davantage de morts
Les chiffres révèlent un contraste particulièrement marquant : le nombre total d’accidents et de blessés a diminué, mais le nombre de décès a fortement progressé.
La Tunisie compte ainsi 602 accidents de moins qu’à la même période de 2025, tandis que le nombre de blessés recule de 908 personnes.
Mais dans le même temps, le nombre de morts augmente de 98 victimes.
Cette évolution met en évidence la gravité des accidents survenus durant la période étudiée.
Inattention et distractions : première cause des accidents
L’inattention et les distractions au volant arrivent en tête des causes d’accidents.
Elles sont à l’origine de 1 021 accidents, soit 30,17 % du total, près d’un accident sur trois.
L’excès de vitesse arrive en deuxième position avec 740 accidents, représentant 21,87 % du total.
Le non-respect de la priorité se classe ensuite avec 263 accidents, soit 7,77 %.
Autre facteur préoccupant : la distraction des piétons au moment de traverser la chaussée, responsable de 258 accidents, soit 7,62 %.
La vitesse, première cause des accidents mortels
Si l’inattention est la principale cause du nombre total d’accidents, la vitesse reste le facteur le plus meurtrier.
L’excès de vitesse est à l’origine de 360 décès, soit 36,73 % de l’ensemble des victimes, ainsi que de 1 021 blessés.
Les distractions au volant arrivent derrière, avec 177 morts et 1 128 blessés.
L’inattention des piétons a, quant à elle, provoqué 65 décès et 227 blessés.
Le constat est donc particulièrement clair : les comportements à risque sur la route continuent de peser lourdement sur le bilan humain.
Tunis en tête du bilan régional
Sur le plan régional, le gouvernorat de Tunis arrive en tête du nombre d’accidents.
La capitale a enregistré 403 accidents, ayant causé 76 morts et 496 blessés.
Le gouvernorat de Mahdia arrive en deuxième position avec 284 accidents, 47 morts et 349 blessés.
À l’autre extrémité du classement en nombre d’accidents, Kébili affiche le bilan le plus faible, avec 43 accidents, ayant fait 13 morts et 65 blessés.
Un bilan qui relance l’alerte sur la sécurité routière
Avec 980 morts et plus de 4 300 blessés en moins de neuf mois, la sécurité routière demeure un enjeu majeur en Tunisie.
Les statistiques de l’ONSR montrent surtout que la baisse du nombre global d’accidents ne se traduit pas automatiquement par une baisse de la mortalité.
Entre vitesse excessive, distractions au volant, inattention et comportements dangereux des piétons, les principales causes identifiées soulignent l’importance de la vigilance de tous les usagers de la route.




















