Le financement de l’économie tunisienne franchit un nouveau cap ! L’encours des crédits accordés à l’économie a frôlé les 123 milliards de dinars à fin 2025, enregistrant une progression de 3,1 %, contre 2,8 % en 2024. Une évolution qui confirme la progression de l’activité de crédit dans le secteur bancaire, mais révèle également des mutations importantes dans la répartition des financements entre entreprises, administrations publiques et particuliers.
Ces chiffres ressortent de la 15ᵉ édition du rapport annuel sur la supervision bancaire au titre de l’exercice 2025, publiée mercredi après-midi par la Banque centrale de Tunisie (BCT).
LES ENTREPRISES PRIVÉES ACCÉLÈRENT LEUR RECOURS AU CRÉDIT !
Du côté des entreprises privées, l’encours des crédits a progressé de 2,7 % en 2025, contre seulement 1,5 % une année auparavant. Cette accélération repose essentiellement sur les financements à court terme destinés à soutenir les besoins d’exploitation des entreprises, dont la croissance a atteint 4,8 %, contre 1 % en 2024.
En revanche, les crédits à moyen et long termes ont enregistré un recul de 0,5 % en 2025, alors qu’ils avaient progressé de 2,1 % en 2024. Une évolution qui mérite attention, dans la mesure où ces financements jouent un rôle essentiel dans l’investissement, le développement des capacités de production et la croissance à long terme.
Parallèlement, les crédits accordés aux entreprises et aux administrations publiques ont augmenté de 7,5 % en 2025, contre 9,6 % en 2024.
AGRICULTURE, INDUSTRIE, SERVICES : QUI CAPTE LES FINANCEMENTS BANCAIRES ?
La répartition sectorielle des crédits aux professionnels fait apparaître une légère évolution dans la distribution des financements.
La part du secteur de l’agriculture et de la pêche est passée de 4,8 % en 2024 à 5,1 % en 2025. À l’inverse, celle des services a légèrement reculé, passant de 52,2 % à 52,1 %, tandis que l’industrie est passée de 43 % à 42,8 %.
Les services demeurent ainsi le principal bénéficiaire des crédits professionnels, devant l’industrie et, loin derrière, l’agriculture et la pêche.
30,5 MILLIARDS DE DINARS DE DETTES POUR LES PARTICULIERS : LE CRÉDIT À L’HABITAT RECULE !
Autre enseignement majeur du rapport de la BCT : l’endettement des particuliers auprès du secteur bancaire a atteint 30 535 millions de dinars à fin 2025, contre 30 036 millions de dinars en 2024.
Cette progression limitée s’accompagne d’un recul des crédits à l’habitat, dont l’encours a diminué de 1,3 % à fin 2025, alors qu’il avait progressé de 1,1 % à fin 2024.
Plus révélateur encore, la part des crédits accordés aux particuliers dans l’encours total des crédits à l’économie poursuit sa tendance baissière, passant de 25,2 % à fin 2024 à 24,8 % à fin 2025.
UN SECTEUR BANCAIRE FACE À DE NOUVEAUX ÉQUILIBRES !
Au-delà du montant impressionnant de 123 milliards de dinars de crédits à l’économie, les données de la BCT mettent en évidence une tendance importante : les financements progressent davantage du côté des entreprises et des acteurs publics, tandis que les crédits aux particuliers perdent progressivement du poids dans l’ensemble des financements bancaires.
Le recul des crédits à moyen et long termes aux entreprises privées et celui des crédits à l’habitat soulèvent également des interrogations sur la dynamique de l’investissement et l’accès des ménages au financement immobilier.




















