La filière de la pomme à Kasserine affiche une forte progression en 2026. La récolte devrait atteindre environ 75 000 tonnes, contre 62 000 tonnes lors de la campagne précédente, soit une hausse spectaculaire de 13 000 tonnes.
Cette performance s’explique principalement par l’entrée en production de jeunes plantations, malgré des conditions climatiques particulièrement difficiles, a indiqué Fatma Halim, responsable du service de la production agricole à la direction régionale de l’agriculture, à l’agence TAP.
Kasserine, première région productrice de pommes
Kasserine conserve sa position de première région tunisienne en termes de superficies et de production de pommes.
Les vergers couvrent près de 10 400 hectares, regroupant environ 4,8 millions d’arbres, principalement dans les délégations de Sbikha et Foussana.
Les variétés Golden et Richard restent dominantes. En parallèle, les plantations de Gala et Royal Gala se développent progressivement afin de diversifier l’offre et de mieux répondre aux attentes du marché.
Un rendement sous pression face au changement climatique
Derrière cette hausse de la production se cache toutefois une réalité beaucoup plus préoccupante.
Le changement climatique et les vagues de chaleur ont affecté les rendements ainsi que la coloration des fruits. À cela s’ajoutent les coupures répétées d’électricité, ainsi que la propagation de certains ravageurs et maladies, qui ont contribué à alourdir les coûts de production.
Face à ces défis, les agriculteurs sont appelés à renforcer leur recours aux énergies alternatives et à améliorer les dispositifs de protection contre les risques climatiques.
60 hectares protégés contre la grêle
Cette saison, environ 60 hectares de vergers à Sbikha et Foussana ont été équipés de filets anti-grêle, dans le cadre d’un projet financé par la Banque africaine de développement.
Une réponse concrète aux risques climatiques qui pèsent désormais directement sur la production et la qualité des fruits.
Le véritable défi : stocker, commercialiser et valoriser
Malgré cette récolte prometteuse, la filière reste confrontée à un problème majeur : la valorisation de la production.
Le manque de capacités de stockage frigorifique, les difficultés de commercialisation et l’insuffisante organisation de la profession continuent de peser sur les producteurs.
Le renforcement des mécanismes de collecte, de conservation et de valorisation apparaît ainsi indispensable pour permettre à la pomme de Kasserine de transformer une récolte record en véritable opportunité économique.
Une récolte en hausse, mais une filière à réorganiser
Avec 75 000 tonnes attendues, Kasserine confirme son poids stratégique dans la production tunisienne de pommes. Mais pour que cette progression profite pleinement aux agriculteurs et à l’économie régionale, la filière devra désormais relever un double défi : résister au changement climatique et mieux valoriser chaque tonne produite.




















