L’Afrique est-elle prête à entrer dans la bataille mondiale de l’intelligence artificielle ? Pour le ministre des Technologies de la communication, Sofiène Hemissi, la réponse passe d’abord par une condition essentielle : construire des bases numériques solides, durables et capables de soutenir l’essor de l’IA.
Intervenant mercredi à Séoul lors de la réunion ministérielle de la coopération économique Corée-Afrique, tenue du 8 au 11 septembre sous le thème « Mettre l’IA et les infrastructures numériques au service de la transformation de l’Afrique », le ministre tunisien a souligné l’énorme potentiel de l’intelligence artificielle pour accélérer la croissance économique et le développement durable du continent.
PAS D’IA SANS INFRASTRUCTURES !
Pour Sofiène Hemissi, l’Afrique ne peut pas se contenter de parler d’intelligence artificielle : elle doit se donner les moyens techniques de l’exploiter.
Cela passe notamment par le développement d’infrastructures numériques résilientes, la sécurisation de l’approvisionnement énergétique, le renforcement des capacités de cloud computing, mais également par un investissement massif dans les compétences et les ressources humaines.
Autrement dit, le véritable défi africain ne sera pas uniquement d’accéder à l’IA, mais de disposer de l’écosystème nécessaire pour en faire un véritable moteur de développement.
TUNISIE : « NOUS VOULONS ÊTRE DANS LA COURSE »
Chargé par le président Kaïs Saïed de conduire la délégation tunisienne, Hemissi a réaffirmé l’engagement de la Tunisie à poursuivre le développement de ses services numériques et à soutenir l’innovation.
La Tunisie entend ainsi poursuivre sa transformation numérique et renforcer son positionnement dans un continent où l’intelligence artificielle pourrait profondément modifier les modèles économiques, les services publics et les opportunités d’investissement.
LA COOPÉRATION, AUTRE CLÉ DE LA BATAILLE
Le ministre tunisien a également appelé à renforcer la coopération internationale et régionale dans les domaines de l’IA et de la transformation numérique.
Il a notamment salué le rôle de la plateforme de coopération économique Corée-Afrique dans le renforcement des capacités et la mobilisation de financements innovants, indispensables pour transformer les ambitions numériques en projets concrets.
LA CARTE TUNISIENNE : CONNECTIVITÉ, IDENTITÉ NUMÉRIQUE ET SERVICES EN LIGNE
La Tunisie a également présenté son expérience en matière d’infrastructures numériques.
Le pays a notamment mis en avant la couverture Internet haut débit, la connectivité internationale ainsi que le développement de services électroniques reposant sur l’identité numérique.
Une expérience que Tunis souhaite valoriser dans le cadre d’une coopération africaine renforcée autour des nouvelles technologies.
L’AFRIQUE ENTRE DANS LA COURSE À L’IA
Le message porté depuis Séoul est clair : l’intelligence artificielle représente une opportunité historique pour l’Afrique, mais cette opportunité ne se transformera en croissance et en emplois que si le continent investit dès maintenant dans ses infrastructures, son énergie, son cloud et surtout dans ses talents.
Pour la Tunisie, le défi est désormais de transformer son expérience numérique en levier d’influence, de coopération et de création de valeur à l’échelle africaine.
La bataille de l’IA ne fait que commencer. Et l’Afrique ne veut plus être spectatrice.




















