La Tunisie veut changer d’échelle. Alors que la concurrence internationale s’intensifie, le pays cherche à renforcer la compétitivité de son industrie et à conquérir davantage de marchés africains et internationaux.
Un signal particulièrement fort vient des investissements industriels, qui ont progressé de 18 % au cours des premiers mois de 2026, générant environ 13 000 nouveaux emplois.
C’est ce qu’a annoncé mardi le ministre de l’Équipement et de l’Habitat, chargé de la gestion du département de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, Salah Zouari, lors de sa participation à distance à la cinquième réunion ministérielle du COMESA sur l’industrie, organisée à Lusaka, en Zambie.
L’industrie tunisienne cherche de nouveaux relais de croissance
Pour la Tunisie, l’enjeu dépasse désormais le marché national. L’objectif affiché est de renforcer la présence des entreprises tunisiennes sur les marchés africains et internationaux et de mieux intégrer l’industrie nationale aux chaînes de valeur mondiales.
Plusieurs secteurs considérés comme prometteurs jouent déjà un rôle central dans cette transformation, notamment l’agroalimentaire, les industries mécaniques et l’électrotechnique.
Ces filières contribuent à diversifier la production nationale, à augmenter la valeur ajoutée et à améliorer la compétitivité de l’économie tunisienne.
Les investissements étrangers repartent à la hausse
Autre indicateur mis en avant : la progression des investissements étrangers entièrement orientés vers l’exportation.
Une dynamique qui, selon le ministre, témoigne d’une amélioration de l’attractivité de la Tunisie et pourrait permettre au pays de renforcer son positionnement dans les chaînes de production internationales.
Au-delà des capitaux, ces investissements représentent également un enjeu stratégique en matière de transfert de technologies, de savoir-faire et de développement des compétences nationales.
680 unités de recherche et 25 000 chercheurs : l’innovation comme arme industrielle
La bataille industrielle se joue également sur le terrain de l’innovation.
La Tunisie dispose aujourd’hui d’un écosystème scientifique et technologique comprenant plus de 680 unités de recherche et environ 25 000 chercheurs et doctorants.
Selon Salah Zouari, cet écosystème est également soutenu par les solutions développées par les start-ups tunisiennes, notamment dans les technologies de pointe.
L’enjeu est désormais de transformer cette capacité scientifique et technologique en davantage de produits, d’entreprises compétitives et d’opportunités d’exportation.
COMESA : la Tunisie mise sur l’intégration régionale
Dans le cadre du COMESA, le ministre a également insisté sur l’importance de l’intégration régionale pour soutenir la prospérité collective.
Il a appelé à améliorer la productivité industrielle et agricole, à renforcer l’accompagnement des PME et à multiplier les projets communs dans des secteurs stratégiques comme l’économie, les énergies renouvelables et les technologies vertes.
Le nouveau défi : produire davantage… et vendre davantage
Avec +18 % d’investissements industriels et 13 000 emplois créés, la Tunisie dispose d’un signal encourageant pour son industrie en 2026.
Mais le véritable défi reste désormais de transformer cette dynamique en conquête de nouveaux marchés, particulièrement en Afrique, tout en accélérant l’innovation, la montée en gamme et l’intégration aux chaînes de valeur mondiales.
L’ambition est claire : faire de l’industrie tunisienne non seulement un moteur de croissance et d’emploi, mais aussi une véritable porte d’entrée vers les marchés africains et internationaux.




















