Le marché tunisien des eaux minérales conditionnées traverse actuellement des tensions ponctuelles dans certaines régions, sur fond de températures exceptionnellement élevées et de hausse brutale de la demande.
Face aux interrogations suscitées par les difficultés d’approvisionnement observées dans plusieurs zones, la Chambre syndicale nationale de l’industrie des boissons non alcoolisées relevant de l’UTICA a tenu à apporter des précisions sur la situation.
Une demande qui dépasse les prévisions
Selon la Chambre, l’une des principales raisons de ces tensions réside dans l’explosion de la consommation liée aux fortes chaleurs.
La demande enregistrée durant certaines périodes aurait dépassé largement les niveaux habituels observés pendant la saison estivale, entraînant une consommation importante des stocks de sécurité constitués par les producteurs en prévision des périodes de forte consommation.
Autrement dit, le marché doit désormais être alimenté presque directement par la production quotidienne, alors que les réserves normalement destinées à absorber les pics de demande ont été fortement sollicitées.
Les coupures d’électricité compliquent davantage la situation
À cette pression exceptionnelle sur la demande s’est ajouté un autre facteur : les perturbations et coupures récurrentes d’électricité dans plusieurs régions du pays.
Ces interruptions ont affecté le fonctionnement de certaines unités de production, avec notamment l’arrêt de lignes et de certains équipements industriels.
Des opérations de maintenance et des interventions techniques ont ensuite été nécessaires avant la remise en service des installations concernées, ralentissant temporairement le rythme de production.
31 unités tournent à pleine capacité
Face à cette situation, la Chambre assure que les 31 unités de production d’eaux minérales réparties sur l’ensemble du territoire national fonctionnent à leurs capacités maximales possibles.
L’approvisionnement est assuré de manière continue à partir de la production quotidienne, tandis que les unités ayant subi des perturbations retrouvent progressivement leur rythme normal.
La Chambre affirme également que les opérations se poursuivent dans le respect des normes de qualité et de sécurité sanitaire.
« Aucune spéculation » selon les producteurs
Alors que les tensions d’approvisionnement peuvent alimenter les inquiétudes des consommateurs, les industriels veulent écarter toute hypothèse de rétention volontaire des produits.
La Chambre affirme qu’aucune intention de provoquer une pénurie, de retenir les bouteilles du marché ou de pratiquer la spéculation n’existe de la part de ses adhérents.
Elle rappelle également que le secteur compte 31 unités et se caractérise par une diversité d’entreprises et de marques ainsi que par un niveau élevé de concurrence.
Selon elle, aucune entreprise ou groupe d’entreprises ne détient plus de 25 % du marché, ce qui, estime la Chambre, exclut une situation de position dominante permettant à un acteur de contrôler à lui seul les quantités disponibles.
Le message aux distributeurs et aux consommateurs
La Chambre indique poursuivre sa coordination avec le ministère du Commerce et du Développement des Exportations ainsi qu’avec les services compétents afin de maintenir la régularité de l’approvisionnement et d’améliorer la répartition des quantités disponibles entre les régions.
Elle appelle également les distributeurs à fluidifier l’acheminement des produits et à éviter tout stockage inhabituel.
Aux consommateurs, le message est tout aussi clair : maintenir un rythme d’achat normal et ne pas constituer de stocks dépassant les besoins réels.
Une tension conjoncturelle, mais un marché sous haute pression
Pour la Chambre syndicale, la situation actuelle reste conjoncturelle et le secteur est mobilisé pour rétablir rapidement un rythme normal d’approvisionnement.
Mais derrière cette explication se dessine une réalité plus large : canicule exceptionnelle, consommation record et fragilité des infrastructures électriques se conjuguent pour mettre à rude épreuve une industrie devenue indispensable au quotidien des Tunisiens.
L’enjeu est désormais de rétablir rapidement l’équilibre entre une demande qui explose et une production qui doit tourner sans interruption.




















