L’accord signé entre la Tunisie et l’Italie concernant la migration clandestine semble porter ces fruits. Le nombre des départs des côtes tunisiennes est en nette régression. Le rapatriement volontaire des immigrés de l’Afrique Subsaharienne vers leurs pays se fait presque d’une manière hebdomadaire des aéroports tunisiens. De l’autre côté, les perturbations et l’instabilité en Libye actuellement sont un terrain favorable pour la montée de la migration en provenance des côtes libyennes.
La Libye une nouvelle plateforme pour les migrants :
Cette situation est confirmée par les chiffres publiés le 12 Août derniers par l’Organisation Mondiale pour les Migrations. En effet, selon des données actualisées de ce rapport, la Libye demeure le principal pays de départ pour les arrivées en Italie (87 %), un chiffre largement comparable à celui de la même période l’année dernière (92 % des arrivées). Les autres pays de départ côtiers sur cet itinéraire sont la Tunisie (8 %) et l’Algérie (5 %).
Les arrivées en provenance de Turquie seraient peu nombreuses (< 1 %, contre 1,4 % sur la même période de référence l’année dernière).
Ainsi la Tunisie confirme son engagement envers la lutte contre la migration clandestine et l’efficacité de sa politique dans ce domaine.
De son côté la Libye est devenue une plateforme pour les migrants vers l’Italie. Les données de l’OIM sur la présence de migrants en Libye (janvier à février 2026) font état d’une population importante de 936 134 personnes, un chiffre qui reste stable par rapport à 2025 (OIM, 2026s). Quatre nationalités — soudanaise (36 %), nigérienne (20 %), égyptienne (19 %) et tchadienne (9 %) — représentent à elles seules la majeure partie de la population migrante, ce qui s’inscrit également dans la continuité des tendances observées par le passé.
Encore des morts en mer :
Le nombre de migrants décédés a plus que doublé sur la route de la Méditerranée centrale et a triplé sur celle de la Méditerranée orientale au cours des quatre premiers mois de 2026 par rapport à la même période en 2025, alors même que le nombre d’arrivées en Europe chutait considérablement.
De nouvelles données de l’OIM ventilées par itinéraire révèlent que les conditions météorologiques extrêmes, les conflits, les pressions économiques et l’évolution des politiques migratoires ont modifié les parcours migratoires dans plusieurs régions durant les quatre premiers mois de 2026. Sur la route de la Méditerranée centrale, 821 personnes sont décédées ou ont disparu, soit une augmentation de 111 %, tandis que les arrivées ont chuté de 46 %, s’établissant à 8 577. Plus de la moitié de ces décès (430) ont été enregistrés rien qu’au mois de janvier, lorsque le cyclone Harry a frappé la région. Sur la route de la Méditerranée orientale, 244 personnes ont perdu la vie, soit une hausse de 259 %, de nombreux décès étant liés à des traversées maritimes ayant viré au drame près de la Crète.
Les données de l’OIM indiquent également que, sur la route atlantique de l’Afrique de l’Ouest, les arrivées en Espagne ont chuté de 78 % pour s’établir à 2 276, soit la baisse la plus marquée parmi toutes les routes vers l’Europe. Les zones de départ se sont déplacées plus au sud le long de la côte ouest-africaine, allongeant ainsi la traversée maritime et accroissant les risques encourus par les migrants.
Toutes les routes n’ont pas connu de baisse. Les arrivées en Espagne via la route de la Méditerranée occidentale ont augmenté de 66 % pour atteindre 5 647, une hausse largement portée par le triplement des passages terrestres vers Ceuta et Melilla. Les arrivées au Yémen par la route orientale de la Corne de l’Afrique ont progressé de 9 % pour atteindre 70 200, conformément aux tendances saisonnières. En Amérique centrale, les mouvements vers le nord à travers la région du Darién, au Panama, ont pratiquement cessé, avec seulement 135 passages enregistrés.
Les hostilités au Moyen-Orient ont également affecté les dynamiques de mobilité dans la région et au-delà au cours de la période considérée. À la suite de l’escalade amorcée fin février, des déplacements de grande ampleur ont été enregistrés au Liban et les retours transfrontaliers vers la République arabe syrienne ont augmenté en mars et avril, tandis que la pression s’intensifiait sur la mobilité de la main-d’œuvre et les flux de rapatriements de fonds en Asie du Sud, au Moyen-Orient et en Afrique.



















