La semaine était très perturbée sur la Bourse de Tunis. Après des mois d’euphorie et de résultats exceptionnels, la chute enregistrée le mardi et le mercredi dernier a rappelé la réalité du terrain boursier. Une situation inédite sur la place de Tunis avec des « coupe-circuit » deux jours de suite après une baisse de -3%. Malgré cette situation, la bourse a terminé la semaine au vert. L’explication de cette situation n’est pas encore claire, même si les raisons sont connues par tous.
Le Conseil des marchés Financier a organisé une réunion d’urgence le Mercredi 29 Juillet 2026 en présence des présidents des banques, le ministère des finances, la bourse de Tunis ainsi que le Conseil bancaire et Financier. Une réunion qui a voulu confirmer la solidité de la bourse de Tunis et rassurer les investisseurs. Cette initiative ne doit pas non plus minimiser ce qui s’est passé cette semaine et le mouvement de panique qui s’est installé chez les investisseurs, que ce soit institutionnel ou petit porteur.
Ce qui est sûr c’est que le calme a été retrouvé auprès des différents intervenants. La Bourse a clôturé au vert avec +1.3% le mercredi 29 Juillet. Le Vendredi 31 Juillet 2026, la bourse clôture avec une légère baisse de -0.16% tout en réalisant 20.038 points. Sur une année la hausse est de 48.89%.
Rassurer : La bourse de Tunis est très fragile vu sa taille réduite et le manque de variation dans le domaine d’activité des sociétés cotées. Le secteur bancaire domine la Bourse. Depuis plus d’une année on enregistre un regain de confiance des investisseurs dans la place boursière ce qui l’a portée à des niveaux très important en dépassant le cap des 20.000 points le 11 Juillet dernier. Il est donc essentiel de capitaliser sur cette tendance pour donner encore plus de valeurs à la bourse dans le paysage économique.
Il est aussi important de rassurer car la situation économique du pays ne peut pas se permettre un crash boursier qui fera bloquer le marché financier et sa contribution dans le financement des entreprises.
Sans minimiser : Il faut comprendre les craintes des investisseurs qui les ont poussées à ce vent de vente massif. Il faut analyser le comportement des investisseurs qui cherchent à profiter de la « haute vague » sur la bourse de Tunis pour récupérer les bénéfices de leurs investissements en anticipant une baisse. Il faut aussi comprendre les craintes des investisseurs quand au « climat économique tunisien ». En effet, la fragilité de la situation économique du pays et la grande exposition du secteur bancaire à l’économie nationale et au budget de l’Etat poussent les investisseurs à être toujours à l’écoute de l’évaluation faite par les agences de notation et la situation géopolitique.
Ne pas minimiser ce qui s’est passé cette semaine car il a coïncidé avec la publication du décret d’application de l’article 412 du code de commerce qui impose l’affectation de 8% des bénéfices des banques vers des crédits d’honneur sans intérêts et sans garantis. Or la place des banques est très importante sur la bourse de Tunis et toute règlementation qui touche leurs résultats affecte directement les actionnaires. C’est ainsi qu’il est important d’évaluer l’impact de tels textes législatifs avant des les publier et choisir le moment opportun pour le faire.
Ne pas minimiser, car une lecture plus approfondie des évènements peut nous mener à une manipulation spéculative de la part d’un groupe d’investisseurs, puisque la chute était brusque et le mouvement de vente était simultané.
Le Conseil des Marchés Financier ne doit pas se limiter à une réunion et un simple communiqué vague, il doit faire une analyse approfondie afin de tirer les leçons nécessaires de cet incident.




















