Cap sur l’éolien pour réduire la dépendance énergétique, attirer les investissements privés et accélérer la transition énergétique. La Tunisie multiplie les initiatives et s’inspire des expériences internationales pour faire de cette filière un pilier de son futur mix électrique.
La transition énergétique tunisienne entre dans une phase décisive. Avec un objectif de 35 % d’électricité produite à partir des énergies renouvelables à l’horizon 2030, la Tunisie entend donner une nouvelle dimension à son potentiel éolien et faire de cette filière un levier majeur de sa stratégie de diversification énergétique.
Dans cette perspective, une délégation tunisienne composée de représentants de 11 institutions nationales a pris part, du 21 au 26 septembre, au salon international WindEnergy Hamburg, en Allemagne, considéré comme l’un des grands rendez-vous mondiaux de l’industrie éolienne.
Organisée dans le cadre d’une mission d’immersion et d’échange d’expertise, cette participation a permis aux représentants tunisiens de rencontrer des spécialistes internationaux, des opérateurs industriels et différents acteurs du secteur afin d’identifier les conditions techniques, économiques et réglementaires nécessaires à la concrétisation de projets éoliens performants en Tunisie, rapporte l’Agence allemande de coopération internationale pour le développement (GIZ).
Car si le potentiel éolien tunisien représente une opportunité importante, son exploitation à grande échelle suppose de relever plusieurs défis de taille, notamment en matière de disponibilité du foncier, d’intégration au réseau électrique, de stockage de l’énergie et d’adaptation du cadre réglementaire.
L’un des temps forts de cette mission a été la visite d’un parc éolien situé à Reußenköge, équipé de dispositifs de stockage et reposant sur un modèle de participation citoyenne particulièrement intéressant. Dans ce dispositif, les habitants contribuent au financement des installations, bénéficient d’une part des revenus générés et participent ainsi directement à l’acceptation locale et à l’intégration des projets énergétiques.
Une expérience qui met en lumière une dimension essentielle de la transition énergétique : associer les populations locales aux investissements et aux retombées économiques des infrastructures renouvelables.
Au-delà de la découverte des technologies et des modèles de financement, cette mission a également permis de renforcer les échanges entre les institutions publiques et les opérateurs privés, tout en faisant émerger des pistes concrètes susceptibles de favoriser l’investissement dans l’éolien en Tunisie.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet « Accélération des investissements du secteur privé dans les énergies renouvelables en Tunisie – APST II », mandaté conjointement par le ministère tunisien de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie et le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement. Sa mise en œuvre est assurée par la GIZ, en partenariat avec le secrétariat du partenariat tuniso-allemand de l’énergie.
L’enjeu dépasse ainsi la simple augmentation de la production électrique verte. Pour la Tunisie, le développement de l’éolien constitue un chantier stratégique qui touche à la souveraineté énergétique, à l’attractivité des investissements, à la modernisation des infrastructures et à la compétitivité de l’économie nationale. L’échéance de 2030 impose désormais d’accélérer le passage des ambitions aux réalisations concrètes.




















