Depuis une dizaine de jours la Tunisie vit une des pires crises de son histoire. Des coupures électriques à répétition communément nommées par les experts par « délestage ». Un nouveau terme technique qui s’ajoute « par force » dans le vocabulaire des tunisiens. Les causes de cette situation ont été largement expliquées par les experts de tous les horizons. L’important constat est que la Tunisie ne produit pas assez d’électricité pour couvrir les pics de consommation de l’été. La STEG n’a pas réalisé les investissements nécessaires pour produire suffisamment d’électricité pour couvrir les besoins. Le manque de moyens financiers et le retard accusé dans certains projets d’énergie photovoltaïque sont derrière ce décalage de production. Concours de circonstances, l’Algérie qui est notre principal fournisseur en cas de manque d’électricité enregistre aussi la même situation que nous et n’a pas pu nous dépanner.
Loin de revenir sur les causes de cette situation, qu’est ce qu’on aurait pu faire pour gérer cette crise et sortir avec le moins de dégât ? A situation exceptionnelles, mesures exceptionnelles.
En effet, le ministère de l’intérieur, tutelle de municipalités, aurait pu interdire l’éclairage public par un simple arrêté pendant une dizaine de jour, ou le réduire de 50%, ou le concentrer dans les centres villes et les grandes agglomérations seulement. Une mesure qui a été déjà prise par la Tunisie en 2006, lorsque le prix du baril a atteint 142 dollars. La consigne était d’utiliser l’éclairage public par alternance. L’objectif étant d’assurer l’électricité pour les habitations, les hôpitaux, les entreprises,…. au détriment de l’éclairage des rues. Une mesure exceptionnelle et limitée dans le temps.
Le ministère de l’intérieur, aurait pu aussi appeler les gouverneurs à imposer aux commerces, aux grands bâtiments, aux salles des fêtes,….de ne pas allumer leurs enseignes lorsqu’ils sont fermés. En effet, plusieurs magasins ou sociétés laissent leurs enseignes allumées en guise de publicité. Une mesure limitée dans le temps et assortie de sanctions pécuniaires sévères pour les contrevenants.
A l’instar de ce qui s’est passé en Egypte suite au déclenchement de la guerre en Iran, on aurait pu limiter l’ouverture des cafés, restaurants et espaces publics au-delà de 23h pendant une période de 5 jours minimum afin de réduire la consommation électrique et aider le réseau à supporter la surconsommation. Les gouverneurs auraient pu prendre cette décision et veiller à son application.
La présidence du gouvernement aurait pu s’inspirer d’expériences étrangères, tel que l’Espagne, pour instaurer le congé climatique. On aurait pu décider donner un jour de congé exceptionnel à tous les fonctionnaires surtout le mardi 21 Juillet, pic de la canicule en Tunisie. Dans le même sens le département de la fonction publique aurait pu décider d’encourager le travail à distance pour le personnel non nécessaire dans l’administration, et dieu sait combien ils sont. On aurait pu même imposer à certains fonctionnaires de prendre leurs congés d’été durant cette période, pour réduire les déplacements et l’utilisation des ressources de l’administration.
Le ministère de l’industrie et de l’énergie aurait pu charger l’Agence Nationale de Maitrise de l’Energie de tripler ses efforts de communication pour la sensibilisation des citoyens à réduire leur consommation électrique. On aurait pu imposer l’intégration de tous les médias, privés comme public, dans cette campagne de sensibilisation.
Ces décisions auraient pu être prises au niveau d’une cellule de crise ministérielles crées pour gérer la situation, à l’instar de notre expérience durant el Covid-19.
Avec ces quelques mesures on aurait pu limiter l’impact de cet épisode catastrophique sur les citoyens et les entreprises.
Selon les prévisions on devrait s’attendre à une autre vague de chaleur au début du mois d’Août. Espérons qu’on sera mieux préparé cette fois.




















