Les échanges commerciaux routiers sont de loin le mode le plus rapide et le plus efficace dans le commerce mondial. Le développement des corridors routiers sont l’un des éléments clés pour le développement du commerce mondial. Avec deux frontières terrestres, la Tunisie a de grands potentiels d’échanges commerciaux avec ses voisins, la Libye et l’Algérie, mais pourvu que ces deux voisins ouvrent leurs frontières aux produits entrants et sortants. Or ce n’est pas le cas. Les tunisiens souffrent énormément de la fermeture des frontières libyennes à cause de batailles entre les factions rivales, ou des mesures brusques du côté des douanes libyennes. Du côté algérien, les échanges commerciaux ne sont pas très fluides à cause de mesures très restrictives des douanes algériennes et surtout imprévues.
Cette situation de blocage du côté de nos voisins a engendré un grand volume d’échanges commerciaux informels évalués par une étude de la Banque Mondiale à 1.12 milliards de dollars annuellement. Ces activités illicites représentent environ 7% des importations totales du pays et privent l’État de près d’un quart de ses recettes douanières. Le trafic concerne principalement l’essence et les produits subventionnés (environ 20% du carburant consommé en Tunisie proviendrait du voisin algérien), mais aussi des cigarettes, des produits de consommation courante et des devises.
Cette situation a été démontrée récemment par une carte de l’Afrique actualisée par la Banque Mondiale et l’Organisation Mondiale du Commerce représentant les pays selon l’Indice de Transport Routier (ISTRI). L’indice STRI mesure le caractère restrictif d’un cadre réglementaire, de 0 (totalement ouvert) à 100 (complètement fermé). La méthodologie évalue chaque mesure de politique commerciale selon six niveaux de sévérité, allant de l’absence de restriction (score 0,00) jusqu’à l’interdiction pure et simple de la prestation de service (score 1,00).
L’échelle STRI n’est pas qu’un outil de classement ; elle reflète des décisions de politique intérieure très concrètes. Un score inférieur à 30 signifie qu’un pays a levé la quasi-totalité des verrous majeurs: pas d’interdiction de présence commerciale, pas de monopole de fait, des procédures transparentes.
Selon cet indice la Tunisie présente un score de 62.9 La Libye a un indice de 100 soit fermé totalement et l’Algérie un indice de 70.5. La médiane continentale se situe à 60,5.
Les 3 pays ne sont pas ouverts entre eux avec en moindre mesure la Tunisie. Une légère ouverture des frontières entres ces 3 pays aura certainement un impact positif sur le développement et la croissance économique et fera de la région une zone d’intégration économique exemplaire.
En tête de ce classement on retrouve le Rwanda, avec un indice de 21 suivi par la Guinée-Bissau (25,4), les Comores (25,6) et le Bénin (25,7). Le Cap-Vert (27,4), le Burundi (28), la Namibie (28,2), le Kenya (30,4) et le Zimbabwe 33.8.
| Pays | Score STRI |
| Rwanda | 21 |
| Guinée-Bissau | 25,4 |
| Comores | 25,6 |
| Bénin | 25,7 |
| Cap-Vert | 27,4 |
| Burundi | 28 |
| Namibie | 28,2 |
| Kenya | 30,4 |
| Zimbabwe | 33,8 |
| Liberia | 33,8 |
| Gambie | 34,5 |
| Sierra Leone | 36,1 |
| Afrique du Sud | 36,1 |
| Sénégal | 36,4 |
| Tchad | 37,1 |
| Malawi | 37,5 |
| Burkina Faso | 37,6 |
| Seychelles | 37,7 |
| Maurice | 38,6 |
| Nigeria | 38,7 |
| Eswatini | 39,5 |
| Maroc | 39,5 |




















