Jamais dans son histoire, la Tunisie n’a failli à ses engagements. Une étiquette qu’on brandit haut et fort, partout sur les places financières mondiales et auprès des instances internationales et bailleurs de fonds.
Malgré les difficultés, la conjoncture hostile, nationale et internationale, les tensions géopolitiques et les changements climatiques, la Tunisie a toujours payé ses dettes au temps convenu sans aucun jour de retard. C’est un signe de bonne santé et nous a valu le respect à l’échelle internationale. Derrière cette prouesse une bonne gestion de la dette au niveau du ministère des finances, et une bonne prévision des grandes échéances.
Alors que plusieurs pays, plus développés que nous, sont tombés en défaut de paiement lors de leur histoire, la Tunisie continue à être solvable.
Dernier témoin en date, le paiement par la Tunisie d’un emprunt obligataire en euros « eurobond », ce 15 Juillet 2026. Un emprunt émis au mois de Juillet 2019 pour un montant de 700 millions d’euros avec une maturité de 7 ans et un taux de 6.375%. Les intérêts sont de 42 millions d’euros. Le total en dinar tunisien dépasse les 2.5 milliards.
Pour payer cet emprunt la Tunisie a dû puiser dans ses réserves en devises. Aujourd’hui, et selon le site de la Banque Centrale, les réserves en devises couvrent seulement 92 jours d’importation soit un total de 23150 millions de dinars. Avant-hier, les avoirs en devises couvraient 97 jours d’importations.
Avec le paiement de cet emprunt, la part de la dette extérieure tunisienne chute en dessous de 25% de la dette globale. Selon les derniers chiffres de la Banque Centrale publiée récemment dans son rapport de 2025, le ratio de la dette extérieure à long terme recule à 39.5% du PIB. Le total de la dette extérieur a atteint 67.160 millions de dinars.
Selon le dernier rapport annuel de la Banque Centrale « L’endettement total a enregistré, en 2025, une décélération de son rythme de progression (+3,9% contre +4,5% une année auparavant) en raison du repli plus prononcé de l’encours de l’endettement extérieur (-9,9% contre -6,6% en 2024) conjugué à un léger ralentissement de celui de la dette intérieure (+9,6% contre +9,8%). Dans ce contexte, la structure de l’endettement total continue de se modifier au profit de sa composante intérieure dont la part dans le total s’est renforcée pour atteindre près de 75% contre 71% en 2024 et 67% en 2023 ».
Le taux d’endettement global s’est situé à 154,3% du PIB en 2025, contre 160,5% en 2024.
Pour boucler le budget 2026, la Tunisie a signé au mois de Juin un accord de crédit auprès de l’Afreximbank pour un montant de 500 millions de dollars, et le Fonds Monétaire Arabe pour un montant de 312 millions de dollars. Deux emprunts qui confirment la confiance des instances internationales dans l’économie tunisienne.
La baisse des avoirs en devises après le paiement de cet emprunt ne doit pas nous inquiéter vu qu’on attend le retour des tunisiens à l’étranger pour cet été et qui ont contribué jusqu’à présent à hauteur de 3.16 milliards de dinars, et les bonnes perspectives de la saison touristique dont les recettes ont atteint jusqu’à présent 3,352 milliards de dinars (environ un milliard d’euros) en hausse de 8,3 % par rapport à la même période de 2025.
L’essentiel c’est que le pays continue sa trajectoire, difficilement, mais sûrement.




















