La conjoncture est encore de plus en plus difficile. C’est le constat que chaque entrepreneur ou chef d’entreprise livre actuellement. Des difficultés au niveau des circuits de distribution, au niveau de la liquidité, du financement, auxquels s’ajoute une conjoncture nationale et internationale instable et imprévisible. Plusieurs chefs d’entreprises arrivent à peine à payer les charges. Cette difficulté se matérialise au niveau de l’évolution des crédits impayés ou en contentieux auprès des banques.
Selon le rapport de la Banque Centrale pour 2025, l’encours des créances professionnelles impayées ou en contentieux a affiché une hausse de 10,9%, passant de 15 milliards de dinars à fin 2024 à 16.6 milliards de dinars à fin 2025. De ce fait, le taux des créances impayées ou en contentieux a augmenté, passant de 16,8% en décembre 2024 à 18% en décembre 2025. Cette hausse affecte directement les ratios de rentabilité du secteur bancaire.
Il est important de signaler que cette hausse de l’encours des impayés est enregistrée alors que le rythme des opérations de radiation par les banques a augmenté avec un encours qui a atteint 2.897 MD à fin 2025 contre 2.472 MD à fin 2024.
La lecture sectorielle du tableau des impayés confirme les difficultés du secteur industriel dont la part dans est de 52.7% soit 8.7 milliards de dinars. Le taux des créances impayés dans le secteur industriel atteint 22.2%. Pour les banquiers c’est un secteur de plus en plus risqué à financer. Avec des impayés de 6.8 milliards de dinars et un taux de 14.3%, le secteur des services est moins risqué surtout après l’apurement de plusieurs impayés dans le secteur touristique.
Selon le rapport de la Banque Centrale, 5 branches d’activités accaparent à elles seules 84% des impayés à savoir :
- Industries manufacturières : 5.771 MD (soit 34,6% de l’encours global) ;
- Commerce, réparation d’automobiles et de motocycles : 3.548 MD (21,3%) ;
- Construction : 2.645 MD (15,9%) ;
- Hébergement et restauration : 1.021 MD (6,1%) ;
- Agriculture, sylviculture et pêche : 1.016 MD (6%).
En revenant au rapport sur la supervision bancaire pour l’année 2024, le taux des créances classés a atteint 14.5%, avec un taux de 19.9% rien que pour les entreprises privées. Le taux de couverture des créances classées par les provisions est en baisse passant de 55.1% en 2022 à 50.5% en 2024. La part des créances classées 4 dans le total des engagements a atteint 82.6% du total en 2024 ce qui est très inquiétant. Pour les banques islamiques le taux des créances classées a atteint seulement 6.7% en 2024 avec un encours de 754 millions de dinars.
Les chiffres des créances impayés ou en contentieux doivent nous alerter sur la situation du tissu économique en Tunisie. Ces chiffres doivent aussi orienter les pouvoirs publics sur les secteurs les plus sinistrés afin de les soutenir.




















