Chaque année une cérémonie se tient afin de décerner les prix pour les meilleures banques et institutions financières africaines. Cette année, la cérémonie s’est tenue à Brazaville le 27 Mai dernier organisée par le magazine African Banker, à la marge des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement. Les banques tunisiennes ont malheureusement brillé encore une fois par leur absence de la liste des nominées et ceux ayant reçu des trophées. Une situation qui traduit le poids de nos banques à l’international et surtout le caractère local de l’activité bancaire en Tunisie. Cette absence doit nous interpeller sur la capacité des banques tunisiennes à s’internationaliser et les freins qui existent pour de tels projets.
Encore une fois les banques tunisiennes sont absentes :
La 20ème édition de l’«African Banker Awards», a décerné le prix de la banque africaine de l’année à Ecobank, groupe togolais présent dans 35 pays africains. Bank Of Africa du Maroc (BOA) a remporté le trophée de meilleure banque d’Afrique du Nord.
Pour les autres régions, les meilleures Banques d’Afrique sont Zanaco (Zambie-Afrique du Sud), CRDB Bank (Tanzanie-Afrique de l’Est), Trust Merchant Bank (République du Congo- Centre) et Ghana Commercial Bank (Ghana-Ouest).
Le prix du banquier de l’année a été décerné au président de la Banque Ouest Africaine de Développement, Serge Ekué.
Il faut remonter à quelques années en arrière pour trouver une banque ou une institution financière tunisienne qui s’est distinguée à l’échelle africaine.
En effet, en 2023 la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) s’est vu décerner le premier prix en Afrique pour le développement des startups et PME innovantes dans la catégorie « Banque de l’année pour les PME ».
En 2005, la Banque de l’Habitat s’est fait attribuée la meilleure Banque Africaine en Crédit Hypothécaire, par « African Banker Award », puis en 2019 elle a reçu le prix de la « Meilleure Banque Régionale de l’Année » pour la région de l’Afrique du Nord.
Des difficultés à s’internationaliser :
Les banques tunisiennes ont des difficultés énormes à s’internationaliser. Alors que d’autres pays similaires tel que le Maroc ou la Turquie, réalisent des performances à l’échelle régionale nos banques stagnent.
Il faut dire que nos banques ont une taille très limitée. En effet, une expansion régionale exige des capitaux importants, un développement technologique consistant et une capacité à absorber les risques sur plusieurs marchés.
Même le cadre règlementaire tunisien est très strict au niveau de la règlementation de change et qui ne permet pas facilement une prise de participation dans des banques étrangères.
Plusieurs de nos banques locales ont aussi des problèmes internes qu’ils doivent gérer et qui ne permettent pas de se projeter à l’international. On cite à ce niveau les problèmes relatifs aux systèmes d’informations, aux crédits accrochés, ou les besoins de renforcement des fonds propres.
Même s’ils pensent à s’internationaliser, les banques tunisiennes feront face à une concurrence énorme de la part des banques marocaines qui se sont bien déployés sur le marché africain à l’instar d’Attijari Wafa Bank.
Aujourd’hui les banques tunisiennes sont très occupées par les problèmes internes du pays au niveau du financement de l’économie, ou les besoins de financement de l’Etat. L’internationalisation n’est pas encore une priorité stratégique.
S’ajoute à tous ces éléments la situation économique difficile du pays. En effet, la notation de la Tunisie à l’international ne permet pas aux banques tunisiennes de s’aventurer pour lever des capitaux à un coût faible, ou nouer des partenariats stratégiques avec des banques internationales.
Nos banques resteront toujours locales, partageant entre elles un marché très limité. Sans des fusions entre les banques tel que le projet de fusion entre les 3 banques publiques, ou la création d’un champion national entre banques privées, les banques tunisiennes vont continuer à partager entre elles les miettes d’un marché très affaibli.




















