La Banque Centrale de Tunisie a un rôle important dans la supervision des banques et les établissements financiers pour qu’ils « exercent leur activité conformément aux dispositions légales et réglementaires en vigueur afin de préserver leur solidité financière, et de protéger leurs déposants et les usagers de leurs service ». Elle a aussi un rôle d’orientation de la politique générale des banques de la place, même si ce rôle n’est pas défini par la loi de 2016 portant statut de la BCT. Et pourtant, le gouverneur de la Banque Centrale s’est réuni le 06 Mai dernier « avec les premiers responsables des banques de la place pour un échange consacré au rôle des banques dans le financement de l’économie nationale et les perspectives du secteur bancaire ».
Une initiative fort louable qui témoigne d’une implication de la BCT dans les grandes orientations économiques du pays. C’est aussi une réunion qui a démontré la symbiose qui existe entre le gouverneur et le Président de la République qui a appelé à maintes reprises à un rôle plus important des banques dans le financement de l’économie et surtout des PME.
A la fin de la réunion, il a été décidé « la mise en place, sous l’égide du Conseil Bancaire et Financier (CBF), d’un groupe de travail chargé de proposer, dans un délai d’un mois, une feuille de route opérationnelle. Celle-ci devra définir des engagements concrets du secteur bancaire visant à renforcer le financement de l’économie, soutenir les PME et impulser une nouvelle phase de développement du secteur ». Depuis cette réunion, les représentants des banques se sont réunis en groupes de travail afin d’élaborer cette feuille de route.
Mais force est de constater que jusqu’à aujourd’hui, 09 Juin 2026, aucune annonce n’a été faite et aucun rapport n’a été établi. La peur est que ce groupe de travail s’éternise jusqu’à tomber dans l’oubli.
Ce retard, dans la publication du rapport de ce groupe de travail et les propositions des banques pour « une feuille de route opérationnelle » témoigne de l’autorité très affaiblie de la BCT sur les banques. Nous espérons que les décisions du gouverneur ne sont pas que des paroles, qui nous rappellent la chanson mythique de Dalida.




















