La rubrique « compensation » dans le budget de l’Etat pour cette année risque d’enregistrer des modifications importantes. En effet, les cours mondiaux du pétrole et des produits de base montent en flèche et le compteur au ministère des finances n’arrive pas à suivre les demandes. Le ministère des finances doit travailler sur des scénarios de sortie de crise.
Une certaine stabilisation des dépenses :
Selon les chiffres du ministère des finances concernant l’exécution provisoire du budget de l’Etat, la compensation est toujours maitrisée à un niveau raisonnable. En 2022, la compensation était de 11999 millions de dinars dont 3777 millions de dinars pour les produits de base, 7628 pour le carburant et 600 millions de dinars pour le transport. En 2025, le montant global est de 11593 millions de dinars dont 3801 MD pour les produits de base, 7112 MD pour le carburant et 680 MD pour le transport.
Selon les crédits payés par le ministère des finances au 31/12/2025, la totalité des dépenses pour les produits de base ont été effectués pour un montant de 3801 MD comme ceux du transport. Pour le carburant, seulement 1455 millions de dinars ont été payés. Les 5657 MD restant sont des dettes auprès des sociétés pétrolières. Un reliquat qu’il sera difficile d’honorer à la lumière des cours actuels.
Le ministère des finances avait prévu des dépenses de compensation plus maitrisées en 2026 grâce à une bonne gestion et la baisse de certains prix mondiaux. En 2026 l’Etat a prévu 9.772 Milliards de dinars pour la compensation. La compensation du carburant sera de 4993 MD sur la base d’un baril à 63 dollars. La compensation des produits de base est estimée au niveau de 4079 millions de dinars contre 3801 MD en 2025 soit une hausse de 278 MD. Cette estimation s’est basée sur un prix de blé à 260 dollars la tonne.

Un budget difficile à boucler :
Le prix du baril de brut s’affiche aujourd’hui à 108 dollars. Depuis le 28 Février dernier, date de l’attaque américaine sur l’Iran, la moyenne du prix du baril est de 100 dollars, soit 37 dollars de plus que les prévisions du budget. Selon les estimations, l’Etat aura besoin de 8 milliards de dinars supplémentaires pour boucler le budget de compensation du carburant. Ce montant vient s’ajouter au reliquat de 5.6 milliards de dollars déjà enregistrés.
Sur un autre plan, le cours du blé tendre venant de Russie se négocie aujourd’hui à 225 dollars la tonne, en baisse par rapport à l’hypothèse du budget de l’Etat. La Tunisie peut compter cette année sur une bonne production locale estimée à 20 millions de quintaux, ce qui limitera le recours à l’importation.
Le problème viendra principalement cette année de l’importation des huiles végétales. Les cours mondiaux ont explosé durant le mois dernier à cause de la hausse des cours du pétrole et la tendance vers les biocarburants. Selon l’indice FAO des produits alimentaires les huiles ont augmenté de 6% au cours du mois d’Avril atteignant son plus haut niveau depuis le mois de Juillet 2022.
Arriver à boucler le budget de la compensation cette année sera une mission difficile pour le ministère des finances. Comme d’habitude, le ministère devra retarder certains paiements principalement pour les opérateurs des produits de base telle que les centrales laitières et les boulangers. Des retards de paiement qui peuvent atteindre des mois dans certains cas.
Les estimations du ministère des finances pour cette année pour la rubrique « compensation » seront certainement révisées. Les 9 milliards prévus ne suffiront pas. Des scénarios de hausse des prix du carburant ou des prix des produits de base doivent être envisagés.























