Malgré une amélioration des exportations à un rythme plus soutenu que les importations, et une amélioration du taux de couverture, le déficit commercial de la Tunisie s’est encore aggravé au cours des 4 premiers mois de 2026. La cause est simple : une hausse des importations des hydrocarbures et une baisse de nos exportations de phosphates. N’empêche que certains secteurs montrent une certaine résilience face à une conjoncture difficile telle que les industries mécaniques et électriques.
Un taux de couverture de 75% :
L’INS vient de publier les résultats du commerce extérieur pour les 4 premiers de l’année et qui comportent deux de guerre au proche orient, puisque l’attaque américaine sur l’Iran a débuté le 28 Février. Durant les quatre premiers mois de l’année 2026 les exportations ont atteint le niveau de 22693,8 MD contre 20725,2 MD durant la même période de l’année 2025 soit une hausse de 9.5%. Quant aux importations, elles ont atteint le niveau de 30222,7 MD contre 28018,1 MD durant la même période de l’année 2025 soit une hausse de 7.9%.Le déficit commercial s’établit à un niveau de (-7528,8 MD) contre (-7293 MD) durant les quatre premiers mois de l’année 2025 et -4734.8 MD durant les 4 premiers mois de 2024. En faisant la comparaison entre 2024 et 2026 la hausse du déficit atteint 60%. Le taux de couverture a atteint un niveau de (75,1%) contre (74%) durant la même période de l’année 2025.
L’énergie contribue de 55% dans le déficit :
Sur le plan sectoriel le secteur des IME maintient un rythme soutenu avec une croissance de 12.2% des exportations. Le secteur des industries agro-alimentaires enregistre une hausse des exportations de +24,3% à la suite de la hausse des ventes d’huiles d’olives (2633,1 MD contre 1758,6 MD). Malgré une légère hausse des exportations du textile et habillement de 0.3%, le secteur n’est pas encore sorti de la crise.
La mauvaise performance nous vient du secteur des mines et phosphates qui enregistre une baisse des exportations de -23%. Au moment ou les prix mondiaux augmentent et au moment ou la demande mondiale des engrais et phosphates explose, notre production baisse. Une hausse considérable de notre production de phosphate peut absorber la moitié de notre déficit commercial à la lumière de la conjoncture actuelle.
Du côté des importations, les produits énergétiques ont augmenté de 13.7%. Au cours des 4 premiers mois nous avons importé pour 5289 millions de dinars de pétrole contre 4650 millions de dinars en 2025, soit une hausse de 740 millions de dinars. Le déficit de la balance énergétique contribue à raison de 55% de notre déficit commercial, soit -4192,4 MD.




















