La campagne oléicole touche à sa fin. L’état d’avancement diffère d’une région à une autre, mais a atteint une moyenne de 90%. Une campagne exceptionnelle avec des estimations variant entre 460 et 500 milles tonnes, à laquelle le gouvernement a mobilisé tous les moyens. Les banques, publiques et privées, de leurs côtés ont mis la main dans la pâte et ont contribué activement au succès de cette campagne qui a été annoncée par certains pessimistes, de catastrophique.
Les banques tunisiennes ont toujours souffert du secteur oléicole. Durant des années plusieurs oléifacteurs ou exportateurs ont laissé des ardoises salées à cause d’une mauvaise campagne ou de prix très bas. Le dernier scandale en date est celui de l’impayé laissé par une société d’exportation d’huile d’olive auprès de la BH pour 451 millions de dinars, dont le propriétaire s’est évaporé dans la nature.
Et pourtant les banques ont toujours soutenu le secteur car il est stratégique pour le pays.
Depuis le mois d’Octobre 2025, le Gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie, a appelé les établissements bancaires à intensifier leurs efforts pour accompagner les acteurs de la chaîne de production, de transformation et de commercialisation de l’huile d’olive. Le Conseil Bancaire et Financier, et en concrétisation à une instruction présidentielle, a de son côté annoncé que toutes les banques mettent à la disposition des intervenants du secteur oléicole — agriculteurs, transformateurs et exportateurs — les financements nécessaires pour accompagner leur activité et leur permettre de travailler dans les meilleures conditions. Cette implication témoigne d’un sens de la responsabilité et d’un engagement fort sur les dossiers stratégiques du pays.
La STB a même crée un produit spécifique pour le secteur oléicole appelé « crédit démarrage huile d’olive » (CDHO). Il est destiné à couvrir les besoins nées du démarrage de la campagne oléicole, et faire face aux frais de fabrication et de règlement des huiles achetées auprès des producteurs.
Selon les chiffres du CBF, arrêtés au 16 janvier 2026, ont donné des accords de crédits pour les exportateurs, les petits agriculteurs, les oléifacteurs, et l’Office National de l’Huile pour un montant de 3122 Millions de dinars, alors que les crédits réellement débloqués ont atteint 2216 millions de dinars, soit un pourcentage de déblocage de 71%.
Selon les chiffres les banques privées étaient plus engagées que les banques publiques. En effet, les banques privées ont accordé 1771 Millions de dinars et ont débloqué plus de 1257 millions de dinars à tous les intervenants de la chaîne de valeur de l’huile d’olive. Les banques publiques ont donné des accords pour 1332 millions de dinars et des déblocages pour 942 millions de dinars.
Du côté des bénéficiaires, les exportateurs obtiennent la plus grande part des crédits débloqués avec un montant de 1143 millions de dinars et des accords de 1807 millions de dinars.
L’office national de l’Huile a obtenu un crédit de 175 millions de dinars et lui a été débloqué, alors qu’il a un accord pour un crédit de 27 millions de dinars des banques privées qui ne lui a pas été débloqué.
La BTS, demeure la banque citoyenne par excellence. Son soutien était principalement destiné aux petits agriculteurs. Avec la ligne budgétaire qui a été créée à cet effet, la BTS a débloqué plus de 16 millions de dinars. Les prêts accordés par la BTS peuvent atteindre 15.000 dinars par exploitant.
Ce soutien financier de la part du secteur bancaire, vient s’ajouter aux mesures prises par le gouvernement pour le stockage de l’huile d’olive. En effet, le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche a mis en place un programme de stockage de l’huile d’olive auprès des privés (agriculteurs, propriétaires d’huileries, exportateurs) mis en œuvre par l’Office national de l’huile ( ONH). Une prime de stockage de 300 dinars par tonne de l’huile d’olive sera accordée aux propriétaires des huileries et aux exportateurs de l’huile d’olive, et une prime de 330 dinars pour chaque tonne de l’huile d’olive sera attribuée aux agriculteurs.