L’endettement des ménages est un phénomène qui touche toutes les sociétés, surtout celles à fortes consommation. L’endettement est certes un facteur important pour la croissance économique car il booste la consommation et l’investissement, mais un endettement excessif des ménages est très préjudiciable pour l’économie et engendre des problèmes sociaux importants (divorces,…). Selon les récents chiffres publiés par le FMI, les taux d’endettement les plus élevés se trouvent dans les pays les plus développés, ayant des revenus par ménages les plus élevés.
Les niveaux d’endettement des ménages les plus élevés sont définis comme les crédits et titres de créance contractés par les ménages, exprimés en pourcentage du PIB. Cet indicateur est souvent utilisé comme baromètre du risque financier et de la vulnérabilité des ménages.
L’accès au crédit favorise la consommation des ménages et l’acquisition de biens immobiliers, mais il les expose également aux chocs économiques. Un endettement élevé des ménages peut freiner la croissance économique lorsque les familles consacrent une part importante de leurs revenus au remboursement de leurs dettes plutôt qu’à la consommation ou à l’épargne. Il accroît également leur sensibilité aux hausses de taux d’intérêt, qui augmentent le coût des remboursements.
A l’échelle internationale on retrouve au top du classement la Suisse, où la dette des ménages représente 125 % du PIB. Viennent ensuite l’Australie (112 %), le Canada (100 %), la Hollande 93.6% et la Nouvelle Zélande 90.3%.
Aux Etats Unis le taux d’endettement des ménages atteint 69.4%, en Chine 61% et de 60.5% en France.
À l’autre extrémité du classement, on retrouve des pays comme le Brésil et l’Italie affichent des taux d’endettement des ménages bien plus faibles par rapport à leur PIB, tous deux inférieurs à 37 %.
Le taux d’endettement en Tunisie est loin d’atteindre ces niveaux très élevés. En effet, avec un endettement auprès des banques de 30.4 milliards de dinars et un PIB en 2025 de 172 milliards de dinars, le ratio endettement/PIB est de 17.6%. Au Maroc il est de 25.5%.
Le ratio PIB-endettement des ménages n’est pas très significatif et ne permet pas de traduire la réalité des économies. Le plus judicieux est de rapproche l’endettement des ménages au revenu disponible brut des ménages. En effet, si les ménages consacrent une grande partie de leurs revenus au remboursement des crédits, ils vont par conséquent affecter une partie moindre pour la consommation. Lorsque le taux d’endettement dépasse généralement 40 % du revenu, la situation devient fragile. Pour la Tunisie ce taux est de 18% en 2024.
Selon l’étude réalisée par l’Institut National de la Consommation en 2018, 43% des ménages tunisiens ont au moins un membre de la famille qui est endetté. 70% des ménages tunisiens ont une seule source d’endettement, 20% en ont deux et 10% en ont 3 ou plus.
Ce sont les ménages composés de 4 à 5 membres, qui sont celles qui ont le plus dettes et représentent 59% du total des ménages endettés.
Le gouvernement de 2019 avait déjà présenté un projet de loi pour le règlement de l’endettement excessif des ménages qui est resté lettre morte dans les tiroirs de l’assemblée. Un projet de loi qui doit être réanimé.