Lors de l’événement de clôture du programme régional « From Innovation to Creation », financé par l’Union européenne, Fidelma O’Shaughnessy, responsable de l’équipe de coopération économique régionale à la Direction générale pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord (DG MENA) de la Commission européenne, a affirmé que l’innovation est devenue un outil stratégique pour renforcer l’intégration régionale au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, soulignant le rôle pionnier joué par la Tunisie comme modèle concret de réussite.
L’innovation : une nécessité, pas un choix
O’Shaughnessy a ouvert son allocution en insistant sur le fait que les entreprises et les institutions ne peuvent prospérer dans le vide. Elles ont besoin d’un environnement intégré combinant technologie, savoir-faire, politiques publiques favorables et réseaux de coopération régionale. Elle a rappelé que l’économie mondiale actuelle est fortement interconnectée et très compétitive, faisant de l’innovation non seulement un levier de croissance mais aussi une condition essentielle de résilience et de durabilité.
Elle a souligné que l’Union européenne est pleinement engagée à soutenir l’innovation dans les pays voisins du Sud, dans le cadre de sa stratégie visant à renforcer des économies inclusives créatrices d’emplois, notamment pour les jeunes et les femmes, en cohérence avec l’Agenda de l’Union pour la Méditerranée et le nouveau Pacte pour la Méditerranée.
La Tunisie : un modèle régional de réussite
O’Shaughnessy a mis en avant l’expérience tunisienne comme l’un des exemples les plus marquants de réussite dans le soutien aux start-ups. La loi tunisienne sur les start-ups (Startup Act) a constitué un modèle inspirant pour les réformes politiques et législatives, offrant un environnement propice à l’innovation et à l’entrepreneuriat.
Cette loi a permis de connecter les jeunes entrepreneurs aux investisseurs providentiels (« business angels »), contribuant à mobiliser des financements concrets et à permettre à plusieurs start-ups de s’étendre sur des marchés du Golfe et régionaux.
« La Tunisie a été une plateforme clé pour l’échange d’expériences et de bonnes pratiques avec d’autres pays partenaires, comme le Liban, la Jordanie et la Palestine, devenant un exemple à suivre dans la région », a-t-elle affirmé.
Construire un écosystème d’innovation intégré
O’Shaughnessy a précisé que le programme « From Innovation to Creation » ne se limitait pas à un soutien technique ou financier ponctuel, mais visait à construire un écosystème complet pour les start-ups, à travers :
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Réformes législatives et réglementaires : soutien à des lois favorables aux start-ups et élaboration de recommandations pour la version 2.0 du Startup Act.
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Renforcement des structures d’accompagnement : développement des capacités des organisations de soutien à l’innovation et encouragement de l’apprentissage entre pairs.
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Financement et investissement : facilitation des connexions entre start-ups et investisseurs providentiels pour soutenir la croissance et l’expansion.
L’échange régional et l’apprentissage entre pairs
Elle a souligné que la dimension régionale représentait une valeur ajoutée majeure, permettant aux pays partenaires de bénéficier des expériences mutuelles. Des initiatives telles que BridgeUp ont renforcé la coopération entre les organisations de soutien à l’innovation dans les quatre pays, créant un environnement régional stimulant pour l’innovation.
Défis persistants
Malgré les réussites, O’Shaughnessy a rappelé que des défis subsistent, tels que la bureaucratie, l’accès limité au capital, la représentation insuffisante des plateformes de start-ups et des associations d’entrepreneurs, ainsi que la nécessité d’un soutien systématique et d’un meilleur appariement avec les investisseurs pour aider les start-ups à passer à l’échelle.
Partenariat public-privé
Elle a décrit le projet comme un modèle de coopération efficace entre le secteur public et le secteur privé : « En réunissant gouvernements, investisseurs, organisations de soutien à l’innovation et entrepreneurs, nous avons construit des écosystèmes capables de réellement accueillir les initiatives entrepreneuriales. »
L’Union européenne agit comme facilitateur et soutien, en mobilisant les ressources, en transférant les connaissances et en reliant les capacités de recherche et développement européennes à l’énergie de la jeunesse dans la région, pour créer un cycle d’innovation mutuellement bénéfique.
Vision pour l’avenir
En conclusion, O’Shaughnessy a insisté sur le fait que la fin du programme ne marque pas la fin du parcours, mais constitue une étape vers une phase de coopération plus approfondie. Elle a affirmé que l’avenir de la région dépend de l’innovation continue, de la collaboration régionale et de l’investissement dans les jeunes qui osent transformer leurs idées en projets concrets.
Elle a exprimé sa reconnaissance envers tous les partenaires exécutants et les participants des quatre pays, considérant que les succès obtenus sont le fruit d’un travail collectif et d’une vision partagée. Elle a encouragé les participants à continuer à construire sur ces réussites et à transformer les expériences individuelles en une dynamique régionale durable, capable de créer des emplois de qualité, de renforcer l’inclusion économique et d’ancrer la culture de l’innovation comme choix stratégique pour la région.
Avec cette intervention, Fidelma O’Shaughnessy a transmis un message clair : l’innovation n’est pas seulement un levier de croissance, mais un pont pour l’intégration régionale, et la Tunisie s’est affirmée comme un centre moteur de ce changement dans le sud de la Méditerranée.





















