Face à la pression croissante sur les ressources hydriques, la Tunisie appelle à une mobilisation arabe renforcée. Dessalement, réutilisation des eaux usées, intelligence artificielle et financements climatiques : Tunis plaide pour des solutions concrètes afin de préserver l’eau, protéger la sécurité alimentaire et anticiper les crises de demain.
L’eau, un enjeu stratégique pour la Tunisie
La sécurité hydrique s’impose désormais comme une priorité stratégique pour la Tunisie, tant elle est étroitement liée à la sécurité alimentaire, à la stabilité sociale et au développement durable. C’est le message porté par le ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, Ezzeddine Ben Cheikh, lors de sa participation à la 17ᵉ session du Conseil ministériel arabe de l’eau, tenue au Caire.
Selon un communiqué publié mardi par le ministère de l’Agriculture, le ministre a rappelé les défis auxquels le pays est confronté : succession des années de sécheresse, baisse des précipitations et pression grandissante sur les ressources en eau de surface et souterraines.
Dans ce contexte, la question de l’eau dépasse le seul enjeu environnemental. Elle concerne directement la capacité du pays à garantir son approvisionnement, à soutenir son agriculture et à préserver son équilibre économique et social.
Dessalement, eaux usées et intelligence artificielle : les solutions sur la table
Pour faire face à cette situation, la Tunisie mise sur la diversification des ressources hydriques et sur l’accélération des solutions innovantes.
Le ministre a notamment souligné l’importance du dessalement de l’eau de mer, du traitement des eaux et de la réutilisation des eaux usées. Ces leviers doivent contribuer à réduire la pression sur les ressources conventionnelles et à renforcer la résilience du pays face aux épisodes de sécheresse.
Autre priorité : la transformation numérique du secteur. L’exploitation de l’intelligence artificielle et des technologies modernes pourrait améliorer la gestion des ressources disponibles, optimiser leur utilisation et limiter les pertes d’eau.
Mais ces transformations nécessitent des moyens financiers et une coopération renforcée. Ezzeddine Ben Cheikh a ainsi insisté sur la nécessité de mobiliser les financements climatiques et de développer les échanges d’expertises et d’expériences entre les pays arabes.
La Tunisie appelle à une position arabe unifiée
Au-delà des solutions techniques, Tunis défend une approche fondée sur la solidarité régionale et le respect des droits hydrauliques des pays conformément aux règles du droit international.
Le ministre a également exprimé la solidarité de la Tunisie avec le peuple palestinien et son soutien aux efforts visant à répondre à ses besoins en eau.
Il a appelé à unifier la position arabe dans les instances internationales, notamment lors de la Conférence des Nations Unies sur l’eau de 2026 et du 11ᵉ Forum mondial de l’eau, prévu à Riyad en 2027.
L’objectif est de renforcer les partenariats régionaux et internationaux et de transformer les engagements politiques en décisions concrètes et applicables.
Un défi qui dépasse les frontières
Le message tunisien est clair : face au stress hydrique et aux changements climatiques, aucun pays ne peut relever seul l’ensemble des défis.
La sécurité hydrique arabe exige davantage de coordination, de solidarité et d’investissements pour garantir la durabilité des ressources disponibles et préserver les droits des générations futures.
Pour la Tunisie, l’enjeu est désormais de passer des engagements aux résultats : chaque goutte compte, et chaque retard dans la gestion de l’eau risque d’alourdir le coût économique, social et environnemental de la sécheresse.




















