Système commercial plus juste, sécurité alimentaire, industrialisation, numérique et accès aux marchés : la Tunisie défend ses priorités à Genève
La Tunisie réaffirme son attachement à un système commercial multilatéral fiable, fondé sur des règles et davantage tourné vers le développement. À Genève, où s’est tenu du 15 au 17 septembre le Forum public de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Tunis entend défendre une réforme capable de mieux prendre en compte les intérêts et les priorités des pays en développement.
Dans une déclaration à l’agence TAP, le conseiller auprès de la Mission permanente de la Tunisie à Genève, Mondher Rejeb, a souligné que le commerce constitue pour la Tunisie un levier essentiel du développement économique et social, mais également un catalyseur de l’intégration économique et du développement durable.
La réforme de l’OMC au cœur des enjeux
Alors que les tensions géopolitiques redessinent les équilibres économiques internationaux, la réforme de l’OMC occupe une place centrale dans les discussions entre les pays membres.
Selon Rejeb, la Tunisie participe activement aux négociations en cours afin de contribuer à l’émergence d’un système commercial plus inclusif, plus équitable et davantage adapté aux réalités des pays en développement.
Tunis défend notamment le renforcement des règles de transparence, d’égalité et d’équité des chances, ainsi que la prise en compte des déséquilibres structurels qui caractérisent encore le commerce mondial.
L’Afrique au cœur des préoccupations
La place du continent africain dans les échanges internationaux constitue également un enjeu majeur pour la Tunisie.
Mondher Rejeb relève que l’Afrique ne représente que 2,9 % du commerce mondial, alors qu’elle compte près de 18 % de la population mondiale. Pour le responsable tunisien, cet écart illustre les difficultés persistantes auxquelles sont confrontés les pays africains pour s’intégrer pleinement au système commercial international.
Dans ce contexte, la Tunisie soutient une réforme de l’OMC permettant à l’organisation de mieux répondre aux mutations et aux défis actuels, tout en préservant le consensus comme principe fondamental de prise de décision.
Sécurité alimentaire, industrie et numérique : les priorités de Tunis
Parmi les dossiers que la Tunisie souhaite placer au cœur de la réforme figurent plusieurs priorités directement liées au développement des pays émergents et en développement.
Il s’agit notamment de la sécurité alimentaire, du soutien à l’industrialisation, de la transition numérique, du renforcement des capacités et de l’application d’une interaction spécifique et différenciée.
L’objectif affiché est de permettre aux économies en développement de mieux intégrer les chaînes de valeur mondiales, de renforcer leur compétitivité et de faciliter l’accès de leurs produits et services aux marchés internationaux.
Une présence tunisienne active à Genève
La Mission permanente de la Tunisie à Genève joue un rôle central dans la défense de ces positions. Elle participe aux consultations, aux négociations et aux travaux des différents comités et groupes de l’OMC, tout en assurant la représentation de l’État tunisien au sein de l’organisation.
Son action couvre plusieurs dossiers stratégiques, notamment l’agriculture, les services, le développement, les droits de douane et la propriété intellectuelle.
La mission veille également à renforcer les compétences tunisiennes à travers les programmes de formation et de renforcement des capacités proposés par l’OMC. Elle assure, dans ce cadre, la participation de cadres tunisiens et coordonne avec le ministère du Commerce et du Développement des exportations ainsi qu’avec le secrétariat de l’OMC l’organisation d’ateliers nationaux consacrés à plusieurs domaines prioritaires.




















