À Hammamet, l’université d’été « Joussour » veut transformer la solidarité en coopération et faire des médias un véritable espace de rapprochement entre les deux peuples
Quand les médias choisissent de construire plutôt que de diviser. À Hammamet, la Tunisie et l’Algérie donnent une nouvelle place au dialogue entre journalistes avec le lancement, mercredi, de l’université d’été tuniso-algérienne pour les médias et l’immunité sociétale « Joussour ».
Organisée du 15 au 20 septembre par l’Union nationale des journalistes et professionnels de l’information algériens (UNJIA), cette rencontre réunit plusieurs journalistes tunisiens et algériens autour d’un slogan particulièrement évocateur : « De la solidarité à la coopération : un média qui construit l’immunité ».
Construire des ponts plutôt que nourrir les divisions
Pour Mosbeh Kédidi, secrétaire général de l’UNJIA, l’objectif est clair : renforcer la coopération et le rapprochement entre les professionnels des médias des deux pays.
Mais au-delà des échanges professionnels, l’initiative porte un message plus large : faire du journalisme un pont d’amour et de fraternité face au discours de haine et à l’incitation à la division.
L’ambition est ainsi de promouvoir une information qui rapproche, qui explique et qui contribue à préserver les liens historiques entre les deux peuples.
Un réseau de journalistes tunisiens et algériens
L’université d’été doit également permettre de jeter les bases d’un réseau commun de journalistes tunisiens et algériens, destiné à faciliter l’échange d’informations et d’expériences.
Ce réseau pourrait devenir un espace de coopération professionnelle permettant aux journalistes des deux pays d’accéder à des informations fiables et crédibles, tout en renforçant les liens entre les rédactions et les organisations professionnelles.
IA, crises, catastrophes et environnement au programme
« Joussour » ne se limite toutefois pas aux questions liées au rapprochement entre les deux peuples.
Le programme prévoit plusieurs ateliers interactifs et sessions de formation, notamment autour de l’intelligence artificielle, du rôle des médias dans la couverture des crises et des bonnes pratiques journalistiques face aux catastrophes naturelles, notamment les incendies.
Un atelier sera également consacré à l’information environnementale, un domaine devenu incontournable pour les médias face aux changements climatiques et à la multiplication des risques environnementaux.
Une deuxième étape en Algérie
L’initiative ne devrait pas s’arrêter à Hammamet.
Selon le secrétaire général de l’UNJIA, une deuxième université d’été sera organisée en Algérie, avec la participation de journalistes tunisiens.
L’objectif sera alors d’élargir progressivement cette coopération au-delà des deux pays, en associant d’autres associations et syndicats professionnels des pays voisins.
Des « Joussour » pour rapprocher les journalistes
L’initiative, lancée en collaboration avec l’Association internationale pour la défense des droits de l’homme et des médias, porte ainsi une ambition qui dépasse les frontières professionnelles.
Créer des réseaux, partager l’information, renforcer les compétences et surtout rapprocher les journalistes pour mieux rapprocher les peuples.
À Hammamet, le message est donc simple : face aux discours qui divisent, les médias peuvent choisir de construire des ponts.
Et entre la Tunisie et l’Algérie, ces ponts portent désormais un nom : « Joussour ».




















