Le marché de la médecine esthétique dans le monde est en train de croitre à un rythme très important. Il est estimé à 23 milliards de dinars en 2025 et pourra atteindre 30 milliards de dinars en 2028 avec une croissance annuelle de 7%. Certains experts estiment un marché qui vaut 80 milliards de dinars en 2035 et un taux de croissance annuelle de 13.5%. Ces projections sont encore très prudentes si on sait que les données de la Société Internationale de Chirurgie Plastique Esthétique, les traitements non chirurgicaux chez les patients masculins ont progressé de 116% entre 2018 et 2024 — contre 55% chez les femmes sur la même période. Les hommes représentent désormais 14,5% de la totalité des interventions esthétiques dans le monde. Donc le marché masculin est en train d’exploser.
La culture sociétale elle-même est en train de se développer avec la tendance des « selfies » et l’estime de soi, la recherche d’une jeunesse infinie, le traitement du stress, et préservation d’une belle apparence.
De tels chiffres astronomiques sont autant d’opportunités d’exportation de services et d’investissements pour notre pays. Arriver à capter ne serait est ce qu’1% du marché mondial et vous avez toute un secteur qui peut nous rapporter pus que l’exportation de l’huile d’olive avec tout ses problèmes logistiques et climatiques.
La Tunisie a un grand potentiel et une bonne renommée mondiale au niveau de la médecine esthétique. Il est important à ce niveau d’apporter quelques précisions. On trouve la chirurgie esthétique qui nécessite un bloc opératoire et une convalescence, et la médecine esthétique qui consiste à faire des interventions légères telles que l’injection de botoxe, le laser, les appareils d’amincissements, l’épilation définitive,…Donc pas d’hospitalisation et pas d’anesthésie.
La qualité des ressources humaines tunisiennes spécialisées dans ce genre d’interventions est très reconnue à l’international. En Tunisie se sont développés des unités de soins et de traitement très modernes avec des investissements colossaux de dernière génération.
Le secteur n’est pas encore règlementé en Tunisie jusqu’à présent. Dans un communiqué récent du Syndicat Tunisien des Médecins Esthétiques, un cahier des charges est en cours de préparation afin de règlementer le secteur et protéger le consommateur.
Le potentiel à l’export est très important dans ce secteur. C’est pour cette raison qu’il est important que le cahier des charges soit un vecteur de protection des consommateurs et de promotion des investissements. Le Centre de Promotion des Exportations est appelé de sa part de travailler avec la profession pour faire la promotion du site Tunisie dans ce domaine très porteur et qui peut rallier médecine et tourisme.
Dans ce secteur la Tunisie a un avantage comparatif très important, puisque nos tarifs sont 40 à 60% moins chers que dans des pays européens.
La Tunisie a le potentiel de devenir une plateforme régionale du bassin méditerranéen spécialisée dans la médecine esthétique. Autant mettre les stratégies nécessaires et les textes qui ne bloquent pas. Le reste, c’est-à-dire la matière grise, heureusement existe déjà.




















